Par Franck OLIVIER – Conseiller Municipal à SAGY de 2014 à 2020
Citoyen de proposition

L’absurdité du droit du sang

« L’absurdité du droit de sang »

 

 

Éditorial de Charlie Hebdo N°1195 du 17 juin 2015 par RISS

(Après une licence de droit à la fac, Laurent Sourisseau /Riss décide de tenter sa chance dans le dessin de presse. En 1992, Riss participe à la reparution de Charlie Hebdo auquel il collabore depuis cette date. Il en devient le directeur de la rédaction à partir de mai 2009. Blessé à l’épaule droite lors de la fusillade au siège du journal à Paris, le 7 janvier 2015, il succède à Charb en tant que directeur de la publication de Charlie Hebdo. Depuis, il est visé par une fatwa).
 

Extrait

« La tragédie de cette pensée, c’est que, lorsqu’on ne parvient pas à résoudre un problème grâce au droit, on revient à ce qui existait avant l’apparition du droit : la tribu, le groupe, le sang. Le sang du père, de la mère, des ancêtres, garant d’une appartenance légitime au pays.

Le droit du sang est une catastrophe, car il consacre l’échec du droit moderne basé sur les relations intellectuelles et culturelles entre les individus et le retour triomphal d’une société primitive fondée sur des liens sanguins et familiaux.

On comprend pourquoi les immigrés ont autant de mal à se sentir « français » : la société française les a toujours dévisagés avec l’œil d’une mégère planquée derrière le rideau de sa fenêtre, inquiète de les voir dans SA rue, eux qui ne sont pas de SON village. Pas d’ici. Pas né ici. Pour rassurer l’autochtone, il est recommandé de prouver qu’on est le fils de « machin», qui lui-même est le fils de « Tartempion » né au pays. Les visages fermés et suspicieux s’ouvrent et s’éclairent aussitôt : votre filiation vous donnera le droit d’y séjourner. Et ce droit ne découle pas du droit moderne du sol, mais de celui du sang de votre famille qui coule dans vos veines. La triste vérité, c’est que beaucoup plus de gens qu’on ne l’imagine croient au droit du sang. Même chez certains qui se disent de gauche, le sang, la filiation, l’appartenance à la famille auront secrètement toujours plus de force que le droit du sol. Il ne suffit pas de devenir propriétaire d’une maison achetée en bonne et due forme pour être reconnu membre à part entière du village. Si aucune histoire familiale avec la vie locale n’est prouvée, vous resterez un étranger jusqu’à la fin de vos jours ».

 

11 janvier 2015 SAGYToute ressemblance avec un village connu ne peut être que fortuite.

Pour illustrer mon propos je vous propose de réécouter cette très belle chanson de Maxime Le Forestier écrite en 1988. La musique adoucit les mœurs dit on.

 https://www.youtube.com/watch?v=4DTbe2W3Fqg

 

Né Quelque Part

 On choisit pas ses parents,
on choisit pas sa famille
On choisit pas non plus les trottoirs de Manille
De Paris ou d’Alger
Pour apprendre à marcher
Être né quelque part
Être né quelque part
Pour celui qui est né
C’est toujours un hasard
Nom’inqwando yes qxag iqwahasa {2x}

Y a des oiseaux de basse cour et des oiseaux de passage
Ils savent où sont leur nids, qu’ils rentrent de voyage
Ou qu’ils restent chez eux
Ils savent où sont leurs oeufs

Être né quelque part
Être né quelque part
C’est partir quand on veut,
Revenir quand on part

Nom’inqwando yes qxag iqwahasa {2x}

Est-ce que les gens naissent
Égaux en droits
A l’endroit
Où ils naissent

Nom’inqwando yes qxag iqwahasa

Est-ce que les gens naissent égaux en droits
A l’endroit
Où ils naissent
Que les gens naissent
Pareils ou pas

On choisit pas ses parents, on choisit pas sa famille
On choisit pas non plus les trottoirs de Manille
De Paris ou d’Alger
Pour apprendre à marcher

Je suis né quelque part
Je suis né quelque part
Laissez moi ce repère
Ou je perds la mémoire
Nom’inqwando yes qxag iqwahasa {2X}
Est-ce que les gens naissent…

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