Par Franck Olivier – Conseiller Municipal à Sagy 95 Val d'Oise
Elu de proposition

Paris, 29 avril – 4 mai 2019 : réunion plénière de la plateforme intergouvernementale sur la biodiversité

Terre nourricière ? Terre de diversité ?

La plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité va se réunir du 29 avril au 4 mai 2019 au siège de l’UNESCO à Paris pour adopter la première évaluation mondiale des écosystèmes depuis près de 15 ans. L’état des lieux de la biodiversité devrait être aussi inquiétant que les prévisions sur le changement climatique. Le rapport de 1800 pages sur lequel travaillent 150 experts de 50 pays depuis 3 ans signale une accélération rapide du taux d’extinction des espèces à partir de diverses « preuves indépendantes ».

De nombreux scientifiques estiment que la Terre est au début d’une sixième « extinction de masse » marquée par la disparition d’espèces à un rythme alarmant. Depuis 500 millions d’années, la planète a vécu cinq précédents épisodes lors desquels au moins la moitié des créatures vivantes ont été éradiquées au regard de l’histoire géologique. Au total, plus de 90% des organismes qui ont un jour marché, nagé, volé ou rampé ont aujourd’hui disparu.

Aujourd’hui le taux d’extinction est 100 à 1000 fois plus rapide que les précédents

Extinction de l’Ordovicien il y a environ 445 millions d’années. Disparition de 60 à 70% des espèces. Cause probable: période glaciaire courte mais intense. A cette période, la vie se trouvait principalement dans les océans. Les experts estiment que la formation rapide de glaciers a congelé la plus grande partie de l’eau de la planète, provoquant une chute du niveau de la mer. Les organismes marins comme les éponges et les algues en ont payé le prix, tout comme des coquillages et céphalopodes primitifs et des poissons sans mâchoires appelés ostracodermes.

Ostracoderme

Extinction du Dévonien il y a environ 360 à 375 millions d’années. Jusqu’à 75% de disparition des espèces. Cause probable: épuisement de l’oxygène dans les océans. Les organismes marins ont été les plus touchés. La fluctuation du niveau des océans, le changement du climat ou l’impact d’un astéroïde sont suspectés d’en être responsables. Une des théories estime que la prolifération de végétaux terrestres aurait conduit à une anoxie (manque d’oxygène) dans les eaux de surface. Les trilobites, arthropodes du fond des océans, en ont notamment fait les frais.

Trilobites

Extinction du Permien il y a environ 251 millions d’années. 95% des espèces disparaissent. Causes probables : impacts d’astéroïdes, activité volcanique. Parfois qualifiée de « mère de toutes les extinctions », cette crise biologique de grande ampleur a dévasté les océans et les terres. Elle est la seule à avoir également pratiquement vu la disparition des insectes. Certains scientifiques estiment qu’elle s’est produite sur une période de millions d’années, d’autres seulement sur 200.000 ans. Sur terre les moschops, reptiles herbivores de plusieurs mètres de long, ont disparu.

Moschops

Extinction du Trias il y a environ 205 millions d’années. De 70 à 80% de disparition des espèces. Causes probables: multiples, toujours en débat. L’extinction du Trias a éliminé nombre de grandes espèces terrestres, dont la plupart des archosauriens, ancêtres des dinosaures et dont descendent les oiseaux et crocodiles d’aujourd’hui. La plupart des gros amphibiens ont également disparu. Une théorie évoque des éruptions massives de laves lors du morcèlement de la Pangée, dernier supercontinent, éruptions accompagnées de volumes énormes de dioxyde de carbone ayant provoqué un réchauffement climatique galopant. D’autres scientifiques suspectent des astéroïdes, mais aucun cratère n’a pour l’instant été identifié.

Un archosaurien : l’Eudimorphodon

Extinction de Crétacé il y a environ 65 millions d’années. 75% des espèces disparaissent. Cause probable: impact d’un astéroïde. La découverte d’un immense cratère dans ce qui est aujourd’hui la péninsule mexicaine du Yucatan corrobore l’hypothèse que l’impact d’un astéroïde soit responsable de cette crise ayant vu la disparition des dinosaures non aviaires comme les T-Rex et les tricératops. Mais la plupart des mammifères, des tortues, des crocodiles, des grenouilles et des oiseaux ont survécu, tout comme la vie marine, dont les requins, les étoiles de mer et les oursins.

Tricératops

Au Tertiaire les mammifères ont proliféré, conduisant, il y a 3 millions d’années à la naissance de l’homo sapiens, espèce responsable de la 6ième extinction.

Bouleversements environnementaux agissant sur la biodiversité

Selon l’ONU cinq causes majeures cumulent et exacerbent mutuellement leurs effets pour expliquer cette extinction à l’Anthropocène ( » l’Ère de l’Homme « ). Ces causes sont : (1) les modifications des habitats des espèces (destruction, banalisation, fragmentation, artificialisation, déforestation, drainage, mise en culture, etc…), (2) la surexploitation de la biodiversité, (3) les pollutions, (4) l’introduction d’espèces exotiques envahissantes et (5) les changements climatiques.

Destruction intensive de la forêt primaire au Brésil

Source : Marlowe HOOD / National Geographic / Encyclopédie Britannica / Études scientifiques.

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