Par Franck Olivier – Conseiller Municipal à Sagy 95 Val d'Oise
Elu de proposition

Temoignages

Deux fêtes de la musique à SAGY

Si la fête de la musique sur la place de Saillancourt existe depuis quatorze ans à l’initiative des membres constitutifs du  « Lapin Noir », nous avons assisté à plus d’une dizaine avec Chantal et nous nous sommes toujours réjouis de ce moment partagé qui pendant des années a rassemblé les voisins et habitants du village comme des hameaux; ainsi que la plupart des élus, quel que soit leur lieu de résidence, à l’époque.

Cette année je me suis rendu sur les deux places où se déroulait « la fête de la musique » : Saillancourt et Sagy village.

Au cours de la soirée à Saillancourt, le « Lapin Noir » a annoncé qu’il  passait la main. Espérons que l’esprit de la fête soit repris. Deux lieux qui proposent un spectacle musical « en même temps » sur le même territoire d’une commune comprenant quatre hameaux distants les uns des autres en sus du village, est sans doute difficile à gérer. L’initiative et le déroulement de cet événement marquant le début de l’été rappellent d’autres moments festifs, comme lors de la projection en plein-air de « La Folie des grandeurs », sur la place de Saillancourt. Un très bon souvenir. Une chance donc que la place de Saillancourt n’ait pas été transformée en parking comme cela a failli l’être en octobre 2016, d’autres moments festifs pourront, sans doute s’y dérouler à l’avenir.

Les sagyiennes et les sagyiens se félicitent d’avoir, parmi les commerces, un bar qui participe à la vie culturelle locale, et ce vendredi soir il y avait une ambiance conviviale, avec la possibilité de se restaurer, la bière coulant à flot… Ce n’est pas la musique qui faisait la différence car elle était de même qualité à bâbord comme à tribord de la Rd28 qui sépare décidément bien le territoire même le jour de la fête de la musique. Le nombre d’élus présents était par contre  du côté de Sagy village. A Saillancourt, très rapidement, il n’est resté que les élus habitants le hameau. La fracture … la faille … le clivage comme disent les géologues  n’en a été que plus visible.

Jean-Paul Herbin – Saillancourt

PS : On m’a demandé vendredi soir ce que signifiait « Chapeau pour PAF », sans doute « Chapeau pour Participation Aux Frais », il faudrait vérifier auprès du « Lapin Noir ».

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Témoignage d’un enfant de Sagy devenu grand, encore assez enfant pour s’émerveiller mais suffisamment grand pour lancer l’alerte.

 Sujet : le « gyro-massacre » des berges du bief chaque mois de mai.

Depuis plusieurs années, à la stupéfaction des amoureux de la nature, quand le printemps bat son plein et entame son hymne à la vie, s’abat sur le bel espace naturel que constitue le bief de Sagy, hérité de nos anciens (ouvrages du XIX ème siècle), un hiver hors saison, une « grêle de faux », un orage de violence …

De leur temps, nos pères et grand-pères n’ont pas connu de « saints de glace » si cruels.
Nous-mêmes n’en avons pas gardé le souvenir de l’époque plus ou moins lointaine de notre enfance …

Le dommage causé au patrimoine naturel de notre village est certain.

1/ le fauchage des herbacés dans un espace naturel à sauvegarder (donc a fortiori en cours de renaturalisation pour répondre à la réglementation s’appliquant à la gestion d’un Espace Naturel Sensible qui plus est d’intérêt départemental) doit être pratiqué selon les règles suivantes : 

système prairial naturel :


Aucune intervention humaine car les herbacés (au sens large) s’entretiennent d’eux-mêmes. La végétation annuelle ou vivace se perpétue naturellement (à titre d’information, c’est dans une prairie naturelle que la conservation d’espaces boisés artificiels nécessite l’intervention humaine pour toutes sortes de raisons) . Nous ne sommes pas du tout dans cette configuration au bord du bief de Sagy.

système prairial artificiel (du fait de l’homme), ce qui est le cas le long des berges du bief :

Plan A : un fauchage à 10 cm (surtout  pas plus sévère pour laisser les animaux hiverner) dans le meilleur des cas une fois seulement en automne pour éliminer les plantes ligneuses qui d’année en année vont participer au reboisement  et compromettre le système prairial artificiel entretenu par l’activité humaine. L’objectif est la conservation d’une prairie (donc un espace herbacé au sens large) dans une zone naturelle correspondant à un système forestier => l’homme doit y travailler plus pour lutter contre la nature même de la végétation environnante. Les ligneux (petits et grands y compris les arbres) se reproduisent, s’étendent du fait de l’action incessante des animaux, du vent, des courants, … La nature reprend ses droits  et menace l’oeuvre humaine. Au bord du bief, un trop grand nombre d’arbres détruirait la canal donc l’homme y est condamné à intervenir chaque année pour maîtriser tout ce qui est ligneux. Estimation pour l’entretien : zéro euro ! Une semaine/ an de travail pour une personne (normalement, sur la base du bénévolat,  dans le cadre de l’AAPPMA locale, La Gaule de Sagy, en ayant la jouissance à titre gracieux pour la pêche). Pas besoin d’outil à moteur (une serpe et une scie suffisent !). Les « déchets verts » restent sur place. De l’entretien à l’ancienne comme il était fait encore dans les années 60/70. Une gestion de paysan pour sauvegarder une mémoire paysanne. La conservation physique du bief en tant qu’élément majeur du patrimoine rural de Sagy en dépend ! Le bief est un ouvrage de l’homme pour alimenter un moulin à grain qui a changé la vie des gens du village à l’époque.

Plan B :  compte tenu de la contrainte liée à l’usage du chemin du tacot sur la rive gauche du bief (promenade, sport, vélo, équitation, observation de la faune et de la flore aquatique, etc.) , à ces endroits précis, deux fauchages, un fin mars (avant la reproduction de certains animaux et (à 10 cm au maximum pour faciliter la reprise végétale) et un en automne (toujours à 10 cm au maximum pour l’hivernage des espèces au sol). l’épareuse sur tracteur est inutile car une grosse débroussailleuse suffit. Estimation pour l’entretien : 3 jours pour une personne 2 fois dans l’année. Il n’y a concrètement qu’un mètre à faucher de chaque côté du chemin !  Pas la peine de recourir à la « cavelerie mécanisée » car, sur la base de 500 m de chemin, la superfie a couper est de 1000 m2 ! Même en le faisant en dilétente, l’objectif reste accessible qui plus est dans les normes environnementales actuelles (trame Verte et Bleue).

2/ l’erreur de  la transformation de la rive droite du bief en chemin de promenade :

  • c’est la rive qui correspond à la berge artificielle ! Elle est à exclure du Plan B et relève du plan A, C’est elle qui à la fois subit la pression de l’eau et sert de refuge à la faune avec le bois marécageux juste derrière, partie intégrante de la ZNIEFF, riche en canards col-vert, poule d’eau, chevreuils (qui plus est couloir de passage entre le Petit Mesnil et Sirefontaine pour certaines espèces notamment sangliers, renards, blaireaux, …). Après le passage de la « gyro-écrabouilleuse », cette zone refuge à préserver en priorité est détruite jusqu’au raz de l’eau.
  • Une petite roselière en cours de formation à mi-chemin entre le parking de l’étang  et la mare au Cailloux, sur la rive droite, est chaque année détruite par le  gyrobroyage ! 
  • L’épareuse « traite »  les berges presque  au niveau de l’eau d’où la destruction des nids ( canards col vert, poules d’eau, etc.) précisément cachés dans la végétation en pleine zone humide !!! La règle en matière d’entretien des zones humides est la conservation d’une largeur de végétation naturelles au moins d’un mètre en s’adaptant aux nécessités de la biodiversité. Les recommandations du PNR et les conseils du Département en charge de l’ENS ne sont pas suivis.
  • Le passage du tracteur (avec épareuse ou gyrobroyeur) de ce côté tasse la rive artificielle constituée pour l’essentiel par le dépôt de la vase issue du curage périodique (à l’origine tous les 10 ans) d’où sa fragilisation, sa déstabilisation et l’aggravation des fuites (la non élimination de rats musqués amorce ce phénomène).
  • Sur la rive droite, les animaux perdent leur zone de sécurité vis à vis de la zone de passage sur la rive gauche. Ils désertent la zone. Qui verra une couleuvre à collier lovée, un héron à l’affût, un martin-pêcheur piquer sur un poisson, un Petit-Mars changeant voler (papillon inféodé aux milieux humides, notre « morpho local ») en fin d’après-midi au bord du bief en juin après le « massacre » de la berge de la rive droite en mai ?  Faisons un inventaire avant et après le « gyro-massacre » et l’on constatera les dégâts. L’observation animalière devient très difficile pour les simples visiteurs qui se contentent de rester sur le chemin. Tout le monde n’a pas la possibilité à 4 ans ou à 80 ans de crapahuter le long de la rivière et dans le marais comme nous le faisions pour notre plus grande joie dans notre jeunesse !
  • les promeneurs eux-mêmes, mal formés et/ou non informés sont de fait invités à marcher sur la rive droite (impossible autrefois) et augmentent le dérangement des espèces (sans parler des VTT et même des moto tout-terrain). On y fait son « footing », son « cross », à la parisienne comme si c’était le jardin du Luxembourg ! Normalement dans les Espaces Naturels sensibles (ENS) les zones dites « sauvages » voire ré ensauvagées » produisent suffisamment d’obstacles qui limites les intrusions dommageables à la faune et à la flore.

–  Entre le pont et le parking de l’étang, les 4X4 et mêmes les petites « routières » passent (je peux le prouver avec ma vieille 205 Peugeot) d’ailleurs en facilitant les incivilités et la gêne des membres de l’AAPPMA normalement seuls à avoir la clé du portail de l’étang pour garer leur véhicule. Des familles avec jeunes enfants peuvent se retrouver nez à nez avec des motos et des voitures devant le chalet au niveau de l’aire de jeu à la tombée de la nuit après le départ du dernier pécheur qui a pourtant consciencieusement fermé le portail à clé !!! Des dégradations semblables à celles subies par les vestiaires du stade sont à redouter. Qui se rappelle des vergers et jardins « rive droite » qui se succédaient de la fontaine dite « Delprat » (sous les gravats aujourd’hui) au petit pont qui enjambe encore aujourd’hui le bief pour permettre aux familles d’accéder au terrain de l’étang des Petites Auges resté ouvert au public 7j7 et 24 h/24 … pour les plus amoureux et/ou aventureux ? Pour des raisons inexplicables, les clôtures de terrains privés ont été arrachées, écrasées et poussées (sans les avoir traités comme déchets) pour laisser l’accès aux 2 roues motorisés sur cette portion de la rive droite du bief. Ces anciens vergers et potagers privés sont certes en friche mais cela ne donnent pas le droit de détruire leur clôture qui plus est pour ouvrir une voie de plus à l’incivilité !

  • le chemin du bief est de fait ré-ouvert à la circulation motorisée : en l’absence de barrière avant l’étang aux Cailloux un nombre croissant d’automobilistes s’engagent sur le chemin du bief dans le sens Longuesse/Sagy et se trouvent piégés une fois devant le parking de l’étang de Petits Auges. Les plus consciencieux font demi-tour, les autres forcent le passage sur leur droite. Motos et quads passent sans problème, la sécurité des promeneurs n’est plus assurée, Le risque est réel pour les jeunes enfants. Est-ce pour ce type de fréquentation incompatible avec les objectifs de l’ENS que l’on nivelle le chemin et que l’on « tond » les berges du bief ? C’est tout le projet de la sauvegarde du marais qui perd de sa crédibilité.

3/ une gestion des espaces verts digne des années 60 , incompatible avec l’appartenance au PNR du Vexin Français, l’existence de la ZNIEFF ( Zone Naturelle d’Intérêt Faunistique et Floristique) et le classement en ENS (Espace Naturel Sensible d’intérêt aujourd’hui départemental :

  • fauchage à l’épareuse ou au gyrobroyeur au raz du sol => destruction de toute forme de vie de taille inférieure à 1 cm ( et encore) !!! Une vraie guerre menée contre la flore et par conséquent contre la faune. Un vrai « gazonnage » de la végétation naturelle y compris de celle propre à la zone humide dont on veut la mise en valeur.
  • la non-élimination des plantes invasives : pire, leur multiplication car beaucoup d’entre elles se multiplient par bouturage  des morceaux issus du broyage grossier !!! Le risque est grand pour la renouée du Japon dont le point de départ à Sagy est … la décharge du bout du stade et qu’on finira par retrouver jusqu’à Longuesse d’ici quelques années. Attention à la berce du Caucase très toxique et cauchemar des dermatologue européens, déjà présente dans le Vexin (Omerville notamment), qui pourrait se répandre encore plus vite que prévu avec de telles méthodes complètement inappropriées et contraires à la réglementation ( confirmation d’une botaniste intervenante du PNR).

– le fauchage en plein mois de mai  : C’est la période de floraison pour de nombreuses plantes annuelles dont les orchidées (plus de 20 espèces dans le Vexin et plusieurs à Sagy même, des Orchis et mêmes Ophrys)  !!! Mme Hache, animatrice d’une visite guidée des zones humides de Sagy portant précisément le 04/05 sur la flore et parrainée par le PNR a déploré que « ses chères plantes » avaient été rasées autour de l’étang des Petites Auges. Elle a peiné à les montrer devant la trentaine de visiteurs constituant son groupe  ! Confuse, elle n’en a pas retrouvé certaines … pourtant normalement visible à cette saison et à cet endroit … La pauvre, elle n’a pas vu le massacre du bief dans la semaine du 11 au 18/05 !!! La vitrine environnementale de Sagy est chaque année anéantie par une gestion techniquement inappropriée à la limite de l’absurdité.

– les escargots de Bourgogne sont interdits de ramassage précisément à cette saison (du 01/04 au 30/06 !) => c’est d’avril à juin qu’ils se reproduisent . On les observe s’accouplant sur le sol sous le couvert végétal. Le pic de reproduction a lieu en mai avec les pluies qui sont plus rares en juin ( la raison d’ailleurs pour laquelle les foins se font fin juin juste avant la fin de montée en graine provoquée par les premières sécheresses de juillet ). Mai est le mois de la fécondité du moins sous nos latitudes. Les berges du bief sont une des principales réserve d’escargots de Bourgogne de la ZNIEFF ! Enfant , avec les naturalistes en herbes du village, j’ai moi-même relâché des centaines de bébés escargots le long du bief et un peu partout jusqu’à Chardronville pour repeupler les prés, Nous étions encouragés à faire des petits élevages par nos profs de sciences naturelles, On les appelle aujourd’hui les profs de Science et de Vie de la Terre ! C’était dans le années 70 le début de la prise de conscience en matière d’environnement après les « 30 faucheuses » de l’Après-guerre . On allait commencer à préserver la nature …

Cette population d’escargot Bourgogne dépend de l’entretien par l’Homme de ce couloir herbacé compromis par l’avancée de la forêt (tendance naturelle). Bien entendu le « gyro-écrabouillage » systématique, excessif et hors de saison détruit au passage toutes les autres espèces d’escargots. Les « Bourgogne » interdits au ramassage sont de fait autorisés à l’écrabouillage ! Le Sagy de Bourgogne (71) approuve-t-il la gestion locale par le Sagy du Vexin ( 95) de son fleuron gastronomique ? Toutes ces espèces sont à la base d’une chaîne alimentaire ( hérissons, canards, …).

– la coupe des ombellifères en pleine floraison : le papillon Machaon fait son retour timidement à Sagy (une ponte dans ma cour en 2018 sur de la fenouil ! Une chrysalide conservée cette hiver dans la cave éclose il y a quelques jours à la grande joie de mes enfants qui on relâché le jolie papillon digne de la Provence). Ce sont les coteaux de la Roche Guyon qui s’invitent … à Sagy au bord de l’Aubette !  Idem pour la Grande sauterelle verte et même la mante religieuse … En plein PNR, ses pontes et ses chenilles sont massacrées au beau milieu du mois de mai !!! Beaucoup d’espèces dépendent des ombellifères (berces, carottes sauvages, cerfeuils sauvages, …). Les cétoines dorées refont timidement leur réapparition le long de l’Aubette et bien cela leur a été fatale du côté du bief en ce début du mois de mai … Enfin le passage du gyro va de paire avec la rectification brutale des quelques souches pourrissantes qui gènent son œuvre, Tant pis pour les « dorcus » (sorte de petits lucanes) dont s’était la saison des amours. La lune de miel a tourné court. J’ai observé du lucane cerf-volant au Petit Mesnil et sur le plateau de Sirefontaine ces dernières années. Gare à lui s’il lui prend l’envie de se disperser dans la zone « protégée » de l’ENS poussé par son instinct de reproduction …

  • une belle « ortilleraie » qui méritait d’être classée par le PNR existe le long du bief. C’est le lieu de reproduction de plusieurs espèces de vanesses (paon de jour, petite tortue, vulcain, le Robert-le-diable, la Carte géographique,  etc.). L’ortie est une plante majeure dans un écosystème. Il en est de même des chardons (pour la Belle Dame notamment). Son abondance sur la rive droite du bief s’explique par le dépôt de la vase issue du curage périodique. C’est l’existence même du bief et les activités humaines liées à son entretien et héritées des anciens depuis le milieu de XIX ème siècle qui ont permis l’existence de cette biodiversité. Un marais boisé et vierge à 100% de toute activité humaine serait plus pauvre. Les mêmes orties qui feraient tâche dans notre potager sont la base d’un écosystème en plein renouvellement en cette saison. La maltraitance  du bief est un signe majeur de déruralisation de la population de Sagy. C’est le signe, selon moi, de l’envasement  … des esprits. Ce bief est devenu à notre image.

– le bief est un site de reproduction de nombreuses espèces de batraciens ( tritons, salamandres, crapauds, 3 espèces de grenouilles : petite grenouille verte d’Europe, grenouille rieuse, grenouille rousse) qui dépendent étroitement des insectes produits par la végétation ripicole => le mois de mai est le temps fort de leur reproduction. Ils n’ont plus d’endroit pour se cacher tant la végétation est « gyro-ratiboisée ». Il l’est aussi pour d’autres reptiles ; ainsi, après le passage du « gyro » on peut voir des cadavres … d’orvet le long du bief tandis que les dépôts de végétaux en décomposition (issu du cycle naturelle du renouvellement de la végétation herbacée) qui hébergent les pontes de couleuvres à collier sont « nivelés ». A cet endroit des couleuvres de 80 cm sont observables.

– une fois passée le gyrobroyeur en plein moi de mai, le bief non entretenu avec 10 cm d’eau au lieu de 50 ( voir plus encore dans les années 70) est exposé au soleil de l’été, la température de l’eau monte, les effets polluants des nitrates sont amplifiés, le taux d’oxygène diminue et le résultat de la fraie du peu de poissons qui y subsiste (100 m de présence sur une longueur totale de 600 m !) est impactée . La partie la plus fragile de la berge artificielle (rive droite) se craquelle une fois privée de son couvert herbacé. Des ruisseaux qui n’existaient pas il y a encore 20 ans apparaissent sans qu’ils soient enrichissant pour le marais ! Les arbres sont déchaussés par l’excès d’eau. On passe en une génération d’une peupleraie cultivée à un cimetière d’arbres morts enchvêtrés qui retarde la reconquête par la nature. Une renaturalisation n’est pas un laisser-faire, pas plus que la suppression par démolition d’un bâtiment ne passe par l’étape de sa ruine. Si la constitution d’une zone humide protégée nécessite une certaine déprise agricole ( l’ancienne peupleraie), il convient de défaire et non d’abandonner ce qui avait été fait il y a 150 ans.

  • Une zone de fraie pour ainsi dire naturelle est sacrifiée : elle pourrait permettre l’empoissonnement en alevins des étangs. Au lieu de cela, une sorte de cloaque nauséabond est offert à la vue des randonneurs qui parfois viennent de très loin sur la Route Verte » Londres-Paris ! Pour de vrai, j’y ai rencontré début mai une Anglaise d’Angleterre juste avant le gyro-massacre. Elle faisait Longuesse/Sagy à pied pour observer la nature. Elle a eu de la chance car, comme elle aurait pu me le dire en bon anglais, c’était une question de « timing ».
  • un gyrobroyage spectaculaire qui masque le non entretien du bief depuis 30 ans et conduit à son rejet par les pêcheurs eux-mêmes : une école de pêche pourrait exister de l’étang au Cailloux à la mare du Moulin et une quinzaine d’enfants de la commune, normalement pour une cotisation annuelle modique, pourraient y être initiés à la gestion des milieux aquatiques. Les enfants des écoles pourraient visiter le bief et la rivière de Longuesse à Condécourt. C’est un petit zoo vivant. Une maison de la nature pourrait être implantée à l’étang des Petites Auges. Non seulement ce potentiel n’est pas exploité mais l’héritage des anciens disparaît faute d’entretien et le capital « nature » de la rivière et du bief s’appauvrit, selon moi, à la limite du point de non-retour. 

Conclusion : Sagy s’imagine maîtriser son avenir comme village du Vexin en méprisant son passé ! C’est l’héritage naturel et rural des anciens, l’œuvre et le travail de nos propres ancêtres (y compris de ceux que nous avons connus personnellement, grand-parents et arrière-grand-parents) que nous n’avons pas été capables de conserver et, ce qui est pire, que nous avons gravement détruit par orgueil, mépris et paresse. Dans mon enfance, Sagy, son bief et son chemin du tacot était un musée vivant et  … gratuit. La jeunesse d’aujourd’hui devra demain payer des impôts pour jouir à nouveau du même spectacle. Les 40/60 ans sont la génération charnière avant l’oubli … Il faut agir « ici et maintenant » pour ne pas avoir part à cette honte.

Ma proposition : rejoindre le Collectif pour la Sauvegarde de l’Aubette (et fonder au plus tôt une association plus spécifique pour la sauvegarde du bief de Sagy).

Pascal GOUJON

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