Par Franck Olivier – Conseiller Municipal à Sagy 95 Val d'Oise
Elu de proposition

Proposition d’aménagement de la Place de Saillancourt

Réflexions et propositions concernant le projet d’aménagement de la place de Saillancourt

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L’ordre du jour du comité environnement du 27 septembre 2016 portait sur les « propositions d’aménagement de la place du lavoir de Saillancourt ».

N’ayant pu participer à ce comité, puisque planifié à nouveau un mardi soir, jour régulièrement pris par des contraintes professionnelles, comme je l’explique depuis deux ans à notre édile, j’ai obtenu un compte-rendu rédigé par les soins du premier adjoint qui résume les propositions retenues. Pour rappel la rédaction de compte-rendu des réunions avait été annoncée comme principe de fonctionnement en début de mandat par l’équipe municipale. Cela devrait être systématiquement le cas. En effet le compte rendu de réunion remplit plusieurs fonctions. Il constitue la mémoire de ce qui s’est dit au cours de la réunion et permet de capitaliser les expériences et les projets. Il apporte également aux absents l’essentiel des échanges. Il permet enfin de suivre l’avancement des décisions et plans d’actions.

Etant sensibilisé à l’aménagement du territoire, sa mise en œuvre modifiant nos modes de déplacements (piétons, vélos, voitures etc…), nos paysages, notre cadre de vie en général, je vais ici résumer ce que j’aurais voulu dire oralement si j’avais pu participer à cette réunion. Le réaménagement de la place du village, la création du Musée de la moisson au Petit Mesnil ainsi que la protection de ce hameau dit « patrimonial », dans le cadre du PLU sont des exemples de l’aménagement arbitraire de notre territoire. D’un autre côté quel effort n’a-t-il pas fallu déployer pour convaincre la municipalité d’améliorer les abords de l’église. En réalité, dans un petit village, la planification de tels travaux devrait « toujours » associer les citoyens. C’est en principe, je le note, prévu pour la place de Saillancourt à condition de savoir ce que l’on entend par la notion de « riverain », terme choisi dans le compte rendu…

La place de Saillancourt est le cœur historique du hameau. Les plus belles cartes postales de Saillancourt du début du XXième siècle la mettent en valeur. Elle fût édifiée en son temps sans prendre en compte la circulation, puisque les chevaux et les bœufs étaient les seuls moteurs écologiques ; la charrette et la calèche les moyens de transport. Depuis le réseau routier est resté immuable mais la voiture a envahi l’espace, avec la même « manivelle » empêchant toute visibilité, la quasi absence de trottoirs, et depuis ces deux dernières décennies une augmentation considérable du parc automobile et du trafic.

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Le problème de stationnement est ainsi devenu récurrent pour les Saillancourtois. Pour avancer sur des solutions pérennisées à long terme il faut avoir une vision globale du territoire. Pour exemple, l’aménagement de la place du village de Sagy (2011) qui fût décidée et réalisée dans la précipitation en moins d’un an afin de bénéficier d’une subvention (ainsi « bien » nommée mais qui néanmoins résulte de l’impôt), ne semble pas correspondre à une réelle politique d’aménagement cohérente de notre territoire.

 

1- Pourquoi le stationnement devient difficile à Saillancourt ?

L’urbanisation mal conduite sur le hameau de Saillancourt est une des principales causes d’accroissement du nombre de voitures sur le site. Aujourd’hui, pour chaque autorisation de construire un logement la commune exige que 2 à 3 places de parking soient réalisées. Mais cette règle arrive bien tardivement. Tous les logements n’ont pas cet espace disponible pour garer les véhicules. De plus face aux difficultés d’entrée-sortie, les habitants ne prennent pas toujours le temps – et peut être surtout le risque –  de rentrer les voitures à l’intérieur de leur propriété, en faisant des manœuvres aux heures de pointe sur une chaussée dangereuse (absence de visibilité + vitesse des véhicules + augmentation du trafic). En outre, certains propriétaires ajoutent un coût de stationnement au prix de la location de l’appartement ou de la maison, ce qui a pour effet de déplacer les voitures sur le domaine public. De cette analyse on perçoit déjà qu’il faut – avant de prendre des décisions, dialoguer avec la population : commencer par de la pédagogie, responsabiliser les citoyens afin qu’ils utilisent leurs propres moyens de stationnement (garage, parking privatif) tout en travaillant à améliorer les conditions générales de circulation dans le hameau avec plus de sécurité.

 

2 – A quel moment de la journée et de la semaine ces problèmes surviennent ?

Il est facile de se garer à Saillancourt en journée. Les problèmes de stationnement sont majeurs le soir et le week-end, lorsque les Saillancourtois sont « réunis ». Faut-il privilégier la colonisation de l’espace commun par la voiture, donnant à la place l’aspect d’un parking de supermarché, ou au contraire donner aux habitants, piétons et cyclistes, un meilleur espace de vie. Ajouter 2/3 places de parking supplémentaires sur la place ne résoudra en rien le problème global de stationnement du hameau,  ne serait-il pas préférable d’en améliorer le paysage urbain ?

 

3 – Pourquoi n’agir que sur le site de la place de Saillancourt ?

Parce qu’il n’y a pas eu de vision prospective depuis des décennies on se trouve dans l’impasse. La situation actuelle était prévisible. Il aurait fallu anticiper, en réservant des espaces publics dédiés. L’accord des permis de construire devrait être subordonné à une évaluation de l’impact sur l’environnement et la vie des habitants au quotidien des nouvelles habitations.

 

4 – Pourquoi ne pas avoir une vision plus globale dans le cadre du PLU ?

Développer les transports en commun (avec la CCVC, le Département, la région) et favoriser les piétons et les vélos permettraient aux habitants d’être moins dépendants de la voiture. En comparant avec d’autres communes, on s’aperçoit que nos trottoirs sont laissés à l’abandon alors qu’ailleurs ils permettent des places de stationnement. Cela devrait être étudié à Saillancourt en même temps que l’espace réservé à une piste cyclable en direction du village mais également vers Menucourt et Courdimanche afin de pouvoir se connecter aux lignes régulières de bus existantes.

Voilà en quelques mots ce que j’aurais souhaité partager lors de cette réunion avec les élus et les citoyens choisis par le maire pour participer à ces comités. Entériner l’utilisation de la place de Saillancourt en parking, en y aménageant 2/3 places de stationnement n’est pas un progrès.

Il serait souhaitable de s’orienter vers des solutions privilégiant des modes de transport autres que la voiture,  même si celle-ci reste indispensable aux déplacements de nos sociétés rurales.

Depuis plusieurs générations, les élus ont mis en œuvre des politiques d’urbanisation en fermant les yeux sur les conséquences multiples de la densification de la population. Il serait temps en effet, qu’élus et habitants se rencontrent pour établir un bilan des problèmes et concevoir un projet d’aménagement cohérent, agréable et durable pour demain.

 

Quelques références :

AMÉNAGER LA VILLE AVEC ET POUR LES CITOYENS

« Désormais les grands plans d’ensemble décidés d’en haut, c’est terminé. A la ville de traduire en aménagement les demandes des citadins. »

Michèle Zaoui, architecte DPLG, architecte-conseil chargée de l’architecture et de l’urbanisme auprès d’Anne Hidalgo maire de Paris.

« Tout s’enlaidit dans nos villes. Alors nous avons voulu parler de beauté, d’enchantement, … »

Roman Bouroullec, designer proposant des recherches inédites liées à l’aménagement de l’espace public, diplômé de l’École nationale supérieure des arts décoratifs.

 

Dernières nouvelles :

 Jeudi 20 octobre, quelques habitants de Saillancourt, voisins de la place ont reçu dans leur boîte aux lettres une invitation pour se réunir le samedi 22 octobre à 11 heures. Entourés d’élus et de membres du comité environnement (bien qu’en faisant partie je n’y ai pas été convié) il semble que les riverains qui ont eu l’audace de ne pas approuver le projet se soient fait vivement rabrouer. Les conditions de réunion et le mode d’écoute démontrent bien que les décisions sont déjà prises « en haut » et qu’il faille juste les faire approuver par un semblant de consultation. Cela confirme la parole d’une saillancourtoise lors d’une précédente réunion publique : « A Sagy comme d’habitude, les citoyens n’auront qu’à choisir la couleur des géraniums ».

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