Par Franck OLIVIER – Conseiller Municipal à SAGY de 2014 à 2020
Citoyen de proposition

Que deviennent nos déchets ?

Sylvie Mariaud, chargée de mission au Syctom  / Syndicat mixte central de traitement des ordures ménagères : «  Il y a une hiérarchie dans les modes de traitement. Le pire, c’est d’enfouir le déchet. Le mieux, c’est de ne pas le produire. Et entre les deux, il y a l’incinération et le recyclage. Il faut réduire la part de ce qui est incinéré« .

Poussées par les enjeux environnementaux, les autorités mettent en place de plus en plus de réglementations relatives au tri de ces déchets.

Recyclage : valorisation de la matière. En 2016, 68 % des emballages (boites de conserve, briques de lait, bouteilles d’eau, etc.) étaient recyclés. Le compostage s’ajoute à cette rubrique puisqu’il permet de produire du compost à partir de déchets organiques.

Réutilisation : des produits mis au rebus connaissent une seconde vie grâce à des réparateurs.

Valorisation énergétique : incinération pour produire électricité ou chaleur. Des usines de méthanisation produisent aussi de l’énergie 100% renouvelable issue de la fraction biodégradable des déchets.

Enfouissement : plus de 30 % des déchets en 2018 ne sont pas traités. Les déchets ménagers, les déchets médicaux, les gravats, etc…, ces « déchets ultimes » sont enfouis dans des centres de stockage.

Recyclés, incinérés, enfouis ? La modernisation des centres de tri permet aujourd’hui aux sociétés de gestion des ordures ménagères de traiter tous les plastiques, mais tous les centres ne sont pas encore techniquement à ce niveau.

Le SMIRTOM* du Vexin, par exemple, agissant pour 72 communes et environ 54 000 habitants, ne peut pas trier l’ensemble des plastiques dont un grand nombre se retrouve, de fait, mélangé aux ordures ménagères, qui en 2018 atteignaient 14 000 tonnes soit + ou – 250 kg/an/habitant.

*Syndicat Mixte Intercommunal pour le Ramassage et le Traitement des Ordures Ménagères (SMIRTOM).

Dans le cadre de la loi transition énergétique, l’objectif est de recycler des emballages en plastique qui ne l’étaient pas jusqu’à présent. Le but, à terme, est d’éliminer le plastique des ordures ménagères et que tous les emballages à savoir films, pots et barquettes soient jetés dans le bac jaune des déchets recyclable. Cette extension des consignes de tri, bien qu’en vigueur depuis le 1er janvier 2019, ne concerne à ce jour qu’1 français sur 2.

Dans chaque commune, adhérant au syndicat de traitement des ordures ménagère, il est du rôle des délégués ( cf. https://sagy.fr/wp-content/uploads/2020/06/cm-25-mai-2020.pdf ) de faire progresser le recyclage des emballages ménagers.

Il existe 6 classes de plastique.

Classe n°1 : PET ou polyéthylène téréphtalate

Bouteilles d’eau plate et gazeuse, de sodas et de jus de fruits, d’huile et de vinaigre en plastique.

Le plastique PET se recycle à 100 %

Classe n°2 : PE-HD ou polyéthylène haute densité

Bouteilles de lait,  de shampoing, de produits d’entretien, de produits cosmétiques.

Ce plastique est 100 % recyclable.

Classe n°3 : PVC ou polychlorure de vinyle

Bouteilles de vin de table et de vinaigre en plastique, boîtes alimentaires.

Les déchets plastiques PVC se recyclent à 100 %

Classe n°4 : LDPE ou polyéthylène basse densité

Sacs poubelles, réutilisables de supermarché, de congélation. Films d’emballage.

Classe n°5 : PP ou polypropylène

Flacons de produits d’entretien. Vaisselle et pailles en plastique. Récipients alimentaires réutilisables. Emballages de beurre ou de margarine. Pots de yaourts.

Certains de ces emballages se recyclent en accessoires pour voitures : pare-chocs, sièges auto, habitacles, réservoirs à carburant, etc.

Classe n°6 : PS ou polystyrène expansé

Barquettes alimentaires. Couverts et gobelets jetables. Ustensiles de cuisine. Stylos. Boîtes de congélation.

Composé à 98 % d’air et seulement à 2 % de polymère, il peut néanmoins être recyclé.

L’objectif est à l’avenir d’étendre les consignes de tri  du bac jaune au polyéthylène basse densité, polypropylène et polystyrène expansé.

Il existe d’autres déchets qui s’accumulent au quotidien :  » les dépôts sauvages « .

Les barrières ont apportées une solution majeure en bloquant l’accès des chemins ruraux, mais il reste encore des endroits à sécuriser. Et certains dépôts de déchets anciens, pas toujours inertes comme l’amiante sont déjà en cours de végétalisation.

La « Chaussée Jules César », lieu emblématique du Vexin, illustre le problème quantitatif et qualitatif de ces dépôts sauvages. Il y 20 ans, la chaussée a été réhabilitée en chemin de randonnée à partir de Puiseux-Pontoise et le hameau de Arthieul à Magny-en-Vexin.  http://www.pnr-vexin-francais.fr/fr/education-et-culture/valorisation-patrimoines/chaussee-jules-cesar/ . Comme le suggère le Parc Naturel Régional du Vexin Français : depuis Boissy-l’Aillerie, « Ipodus, gardien de la chaussée Jules César et Lara Venture, une archéologue virtuelle » emmènent les marcheurs à la découverte de 2000 ans d’histoire et des trésors de la vallée de la Viosne.

Outre le site d’ESRI/ARCGIS, une vision satellite de ce dépôt sauvage est également disponible à l’adresse : https://www.coordonnees-gps.fr/satellite (rentrer les coordonnées géographiques et utiliser les boutons + et – pour zoomer ou dé-zoomer), ainsi qu’une vision d’ensemble par drone sur le site : https://www.linkedin.com/feed/update/urn%3Ali%3Aactivity%3A6739481685211058176/?actorCompanyId=18501642

Ces dépôts atteignent par endroits une épaisseur supérieure à 3 mètres où s’entassent gravats (plâtre, briques, ciment), plastique (PVC, polyéthylène), bois, ferraille, bouteilles de gaz (butane, propane, acétylène), pneus, canapés, mobiliers, matelas, verre, caravanes écrasés, ….

Un projet de réhabilitation des terrains à été adopté à l’unanimité par les conseils municipaux de Puiseux-Pontoise (15 juin 2020) et Boissy L’Aillerie (7 septembre 2020). Puis le 13 octobre 2020 le conseil communautaire s’est prononcé favorablement sur l’offre de concours proposée par la société ECT pour le recyclage et l’aménagement de terres inertes issues de chantiers d’Ile-de-France sur des parcelles dégradées de la CACP. (Délibération n°20201013-n°4, 63 voix Pour, 5 Abstentions : https://www.cergypontoise.fr/sites/default/files/2020-10/10-2020_RAA_CC_20201013_compressed.pdf ).

« CONSIDÉRANT que diverses parcelles de la CACP ont été victimes de dépôts sauvages

CONSIDÉRANT qu’au titre de ses activités la société ECT a pour objet d’identifier les filières de   traitement   des   terres   inertes   et   des   terres   polluées,   d’organiser   la   traçabilité   des matériaux vers les sites de réutilisation, de recyclage ou de traitement, et de déterminer, en lien avec les collectivités locales, les sites d’aménagement où ces déblais inertes et non pollués   pourraient   être   réutilisés ;   que   l’objet   de   la   société   s’inscrit   dans   une   démarche d’économie circulaire de valorisation et réutilisation des terres excavées issues des chantiers du BTP,

CONSIDÉRANT, qu’informée de l’état des sites situés à Boissy-l’Aillerie et Puiseux-Pontoise, la société a souhaité que les parcelles concernées puissent être un site de réutilisation des déblais inertes et non pollués,

CONSIDÉRANT la proposition d’offre de concours de la société ECT à la CACP pour que ces   parcelles   puissent   être   un   site   de   réutilisation   des   terres   inertes   dans   le   cadre   des activités de la société,

CONSIDÉRANT  l’intérêt général pour la CACP d’accepter cette proposition qui permet de trouver   une   solution   pour   assainir   ces   parcelles   dégradées,   en   sécuriser   la   stabilité géotechnique et assurer dans cette zone une continuité boisée avec une meilleure qualité écologique et une plus grande biodiversité,

CONSIDÉRANT que   cette   offre   s’inscrit   également   dans   le   cadre   d’une   démarche d’économie circulaire répondant aux orientations de la CACP,

CONSIDÉRANT que sur les deux parcelles qui lui appartiennent et situées en frange de la zone   de   projet,   la   CACP  fera   réaliser   des   analyses   de   pollution   des   sols   pour   identifier d’éventuels   besoins   d’intervention,   préalables   à   l’accueil   des   terres   inertes ;   que   les éventuels travaux correspondants devront être envisagées en coordination avec les autres acteurs concernés du projet et feront l’objet d’une décision en conseil communautaire »

L’article de la Gazette du Val-d’Oise en date du 18 janvier (Jérôme Cavaretta) se félicite de « ce contrat gagnant-gagnant entre les deux parties » : « La décharge de Puiseux-Pontoise/Boissy-l’Aillerie va disparaître. L’agglo cergypontaine a noué une convention avec une entreprise afin de nettoyer les parcelles souillées par plus de 5 000 tonnes de déchets. Le préalable à un reboisement du site ». ( https://actu.fr/ile-de-france/puiseux-pontoise_95510/val-d-oise-cergy-pontoise-la-decharge-de-puiseux-pontoise-boissy-l-aillerie-va-disparaitre_38791225.html). Reste toutefois une question évoquée par le journaliste : « Pour s’assurer que tous les matériaux amenés à rejoindre le site sont sans danger, ils feront l’objet d’un contrôle de traçabilité ». Mais rien ne précise comment il sera réalisé.

« C’est une opération intelligente », « Ça permet de rentrer dans une économie circulaire. On fait nettoyer le site et l’entreprise se paye sur le recyclage », peut-on lire sous la plume du journaliste sans penser qu’ECT « se paye » d’abord, comme le précise le conseil communautaire « en apportant des terres inertes dans le cadre des activités de la société ».

Le site d’ECT https://www.groupe-ect.com/2eme-forum-regional-sur-la-lutte-contre-les-depots-sauvages/ ne donne aucune information, en général sur le devenir des déchets enlevés. Et nul ne sait, en tout cas pas les citoyens, comment ECT va traiter les déchets en place sur le site de Puiseux-Pontoise / Boissy L’Aillerie.  L’entreprise va-t- elle les enlever, les trier, en incinérer une partie, les enfouir principalement,  par quels moyens, quelles filières et où ?

Dans le cas qui nous intéresse la société civile semble se décharger du contrôle des déchets, alors qu’elle précise toutefois : « la   CACP  fera   réaliser   des   analyses   de   pollution   des   sols   pour   identifier d’éventuels   besoins   d’intervention,   préalables   à   l’accueil   des   terres   inertes ».  Tout ce que l’on sait concernant le « Nettoyage du site » se résume à un petit dessin « tri et évacuation des déchets vers des filières de traitement adaptées ». S’il est possible de prélever les bouteilles de gaz, les pneus, comment sera trié le reste ? https://www.val-doise.gouv.fr/content/download/18587/121865/file/Pr%C3%A9sentation%20CDPENAF%20Projet%20Boissy%20ECT-CETIAC.PDF

En 2014 l’entreprise ECT proposait à notre commune de combler la carrière de Saillancourt par des « déchets inertes ». Voir http://www.regard-sur-sagy.fr/journal-dun-elu-de-campagne-2014/. Depuis la carrière est devenue un Espace Naturel Sensible au niveau départemental.

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2021 : des blocs de pierre dont certaines doivent approcher les 2 tonnes, ferment « la Chaussée Jules César ». Comment autant de déchets ont pu s’accumuler pendant des mois, au vu et au su de tous ?

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Si l’on regarde la carte satellite utilisée par le site MICHELIN (https://www.viamichelin.fr/web/Cartes-plans?tid=city-1338263 ) en tapant Boissy L’Aillerie, où Puiseux-Pontoise, le site est dégagé de tout déchet :

On observe un raccord assez mal réalisé entre deux photos. Il s’agirait d’une prise de vue antérieure aux dépôts sauvages.

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Est ce que l’autre coté de la route sera géré par la convention signée avec ECT ?

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Que penser de tout cela ?

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