Par Franck OLIVIER – Conseiller Municipal à SAGY de 2014 à 2020
Citoyen de proposition

Rond-point : les promesses

Rond-point : les promesses

ROND-POINT : LES PROMESSES

En période électorale, bien des incertitudes pèsent, quelle majorité au Conseil Départemental ? Quelles seront les priorités post-électorales ? Rien n’empêche les responsables politiques de faire des promesses. Tout l’art réside à faire croire qu’elles seront respectées. Henri Queuille (1884-1970), fin politicien, plusieurs fois ministre sous la Troisième République, notamment de l’agriculture (de la ruralité ?), le disait déjà : « Les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent. »

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Un article de la gazette du Val d’Oise, mentionne à propos de l’aménagement du carrefour RD28/RD81 : « si le croisement devait être sécurisé depuis plusieurs années ( le projet était prévu, à la base, pour 2014), pour l’instant, seul un radar (90 km/h), a été installé à quelques centaines de mètres. Le rond-point sera normalement achevé d’ici à 2017, voire fin 2016 ». (http://www.gazettevaldoise.fr/2015/02/18/le-%E2%80%9Ccarrefour-meurtrier%E2%80%9D-sera-securise-d%E2%80%99ici-a-2017/#tcommentaires).

Interrogée, la direction des routes du Val d’Oise reste plus prudente : « Les travaux sont envisagés à partir de 2016/2017 sous réserve d’inscription budgétaire départementale… En 1ère phase, reconfiguration du carrefour à feux RD28/RD81 en carrefour giratoire puis dans une phase ultérieure, réalisation d’une voie verte reliant Saillancourt au centre de Sagy… ». « Parallèlement… des réflexions sont en cours afin notamment, de sécuriser l’intersection entre la RD28 et la rue de Condécourt ».

Ces informations méritent quelque attention. En effet la traversée de la RD28 par les piétons et les cyclistes se rendant de Saillancourt à Sagy constituait initialement la première étape du projet alors qu’aux dernières nouvelles, elle se retrouve repoussée sine die dans « une phase ultérieure ». De plus, l’article annonce  la fin des travaux à l’échéance  2017,  tandis que le conseil général prévoit au contraire une possible ouverture du chantier en 2016/2017 « sous réserve d’inscription budgétaire départementale ».

Même si, les avis sont très partagés sur les atouts générés par la mise en place d’un rond-point en lieu et place d’un carrefour à feux, en matière de sécurité des véhicules (cf. les commentaires au bas de l’article de la Gazette du Val d’Oise), la mise en danger des piétons et 2 roues lors de la traversée de la RD28 ne fait aucun doute.

La non-réalisation de la « voie verte » simultanément au rond-point défierait toute logique sécuritaire, tant pour les sagyens de Saillancourt, qui attendent la liaison douce les reliant au village, promise depuis fort longtemps, que pour les adeptes du cyclotourisme, de plus en plus nombreux empruntant la voie Paris/Londres.

La mise en place d’un rond point ayant pour effet de fluidifier la circulation de « 13 000 véhicules par jour, dont un tiers de poids lourds », rendra l’insertion des véhicules provenant des intersections plus difficile. Plus grave encore, elle supprime les créneaux assurés par l’arrêt au feu rouge, bénéfique aux habitants de Chardronville, La Villette et Condécourt, qui profitent de ce bref laps de temps pour s’engager à moindres risques sur la RD28. D’après la réponse du Conseil Général, tous les points soulevés il y a maintenant plus d’un an, n’ont toujours pas été résolus.

Comme cela a déjà été suggéré, la sécurisation du carrefour pourrait être améliorée par un radar de feux, moins onéreux que les travaux envisagés. Quant à la « voie douce » elle est primordiale pour les déplacements des enfants vers l’école, vers les services pour faciliter les rencontres entre amis et la fréquentation  des commerces du village dits de « proximité »,  mais aussi pour tous les habitants, un pas vers un mode de vie plus convivial et la transition énergétique encore balbutiante.

Julie Pascaud avait 18 ans, lorsqu’elle a été tuée, avec Yann Beuzelin, au terme d’une folle course-poursuite dans la campagne qui s’est achevée à ce funeste carrefour, le 18 février 2002. « Victime de la bêtise et de l’inconscience », résume Gérard Pascaud. Depuis, il n’a de cesse d’appeler à plus de civilité sur la route et intervient dans de nombreux collèges et lycées du département, « pour sensibiliser les jeunes aux risques, non seulement des comportements dangereux, mais aussi des méfaits de la drogue et de l’alcool au volant. Je leur ai encore répété, la semaine dernière, à Auvers-sur-Oise, qu’il n’était nullement nécessaire  de tirer à la kalachnikov pour tuer des gens : une voiture suffit».

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