Par Franck OLIVIER – Conseiller Municipal à SAGY de 2014 à 2020
Citoyen de proposition

Schéma Directeur d’Aménagement et de Gestion des Eaux (SDAGE) du bassin de la Seine : la source de la Douée et le puits de Chardronville

Schéma Directeur d’Aménagement et de Gestion des Eaux (SDAGE) du bassin de la Seine : la source de la Douée et le puits de Chardronville

SDAGE (1)

L’actuel Schéma Directeur d’Aménagement et de Gestion des Eaux (SDAGE) du bassin de la Seine et des cours d’eau côtiers normands est un document de planification qui fixe, pour une période de six ans jusqu’en 2015, « les orientations fondamentales d’une gestion équilibrée et durable de la ressource en eau et les objectifs de qualité et de quantité des eaux » (article L.212 -1 du code de l’environnement) à atteindre dans le bassin de la Seine et des cours d’eau côtiers normands.

  • 1) Etat des masses d’eau souterraines

L’état chimique d’une masse d’eau souterraine est défini par rapport à des normes de qualité fixées au niveau européen, pour les nitrates et les pesticides, ou au niveau national pour les autres paramètres (solvants chlorés, métaux…). Ces normes de qualité ont pour objectif la protection de la santé humaine et la garantie du bon état des eaux. Le SDAGE montre que l’état des eaux souterraines est toujours très préoccupant vis – à – vis des nitrates et des pesticides provenant de pollutions diffuses d’origine majoritairement agricole.

SDAGE (2)

Question : Quel est l’état de la nappe alimentant la source de la Douée (origine calcaire grossier du Lutétien) et la « nappe de la Craie » du puits de Chardronville ?

  • 2) Evolution du classement des captages établi par le SDAGE

Le SDAGE fixe le niveau du programme d’actions nécessaire pour restaurer la qualité de la ressource. Il est défini sur la base (1) de la qualité des eaux brutes de chaque captage par rapport aux seuils de vigilance et d’action renforcée, (2) l’évolution des concentrations.

Conclusions du SDAGE : Les données actuelles montrent que plus de 38 % des captages du bassin ont une concentration supérieure à 75% de la norme (37 mg/l en nitrates et 0,075 μg/l pour les phytosanitaires individuels et 0,375 μg/l pour la somme des phytosanitaires). Des programmes d’actions visant à réduire les concentrations en nitrates, mais aussi en pesticides, sont donc à engager le plus rapidement possible sur près de 40 % des captages du bassin destinés à l’alimentation en eau.

Question : Quels sont les classements de la source de la Douée et du puits de Chardronville ?

 

  • 3) Protection des captages d’eau pour l’alimentation en eau potable actuelle et future. Evolution du nombre de captages AEP abandonnés par département et cause de l’abandon.

Les données sont issues de l’Agence régionale de la santé (ARS) d’Ile – de – France. Elles sont fournies pour l’année 2012. Chaque année, plusieurs dizaines de captages existants sont fermés ou définitivement abandonnés, en majorité à cause de la détérioration de la qualité de l’eau notamment par les nitrates et/ou les pesticides. L’abandon des captages est révélateur d’une dégradation sensible de la ressource en eau. Les abandons de captage entraînent, parallèlement, un travers méthodologique non négligeable. Le principal réseau d’évaluation de la qualité des eaux est celui des ARS qui analysent les eaux prélevées dans les captages destinés à l’alimentation en eau potable. Les captages abandonnés ne sont donc plus suivis, puisqu’ils ne contribuent plus à l’alimentation en eau potable. Enfin, si les abandons de captage ne sont pas réalisés avec suffisamment de précaution, ils constituent des sources potentielles de pollution des eaux souterraines pour l’avenir.

En 2011, 58 captages ont été abandonnés sur le bassin Seine – Normandie pour cause de contamination  des eaux en nitrates et pesticides. En 2012, 4 captages ont été abandonnés. Depuis 2000, ce sont près de 240 captages qui ont été abandonnés, dont 144 pour cause de contamination en nitrates, 46 pour cause de contamination en nitrates et en pesticides, et 47 pour cause de contamination en pesticides.

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Question : Quelle est la situation de la source de la Douée et du puits de Chardronville ? Selon les informations communiquées par Mr le Maire de Sagy le puits de Chardronville est également pollué.

  • 4) Périmètre de protection des captages

Pilote : Agence Régionale de Santé. Organismes impliqués ou associés : DRIEE – DDT – AESN – DRIAAF – Conseil Régional – Conseils Généraux – Association des maires – Producteurs et Distributeurs d’eau

Les collectivités et PRPDE (personne responsable de la production et de la distribution d’eau, en l’occurrence le S.I.E.V.A.) se sont engagés dans une démarche de protection de leurs captages d’eau en établissant des périmètres de protection des captages et le cas échéant, des aires d’alimentation de captages.

Afin de faciliter le déroulement de la procédure d’établissement des périmètres de protection des captages (PPC) (dite « procédure de DUP » Déclaration d’Utilité Publique), plusieurs actions ont déjà été engagées par les services préfectoraux, ARS, AESN (Agence de l’eau seine Normandie) ou conseils généraux pour aider notamment les collectivités dans leurs démarches.

Question : Quelles sont les mesures de protection du captage de la source de la Douée ? Quelle est la teneur du prochain SDAGE, objet de la réunion en préfecture du 9 avril 2015.

  • 5) Prévenir plutôt que traiter, ça coûte moins cher !

Les moyens curatifs (traitement sur charbons actifs, ultrafiltration…) et palliatifs (changement de ressources, interconnexion), sont souvent privilégiés mais ils ne peuvent être une solution pérenne. Ils conduisent à une augmentation de la facture d’eau, posent la question du traitement des déchets et ne protègent en aucun cas les ressources en eau naturelles, pourtant limitées.

La mise en place de traitements des eaux contaminées coûte cher à la collectivité et au consommateur. Pour le réduire, il est capital de réaliser des actions préventives par de meilleures pratiques agricoles et non agricoles en amont du captage.

À titre d’exemple, l’agence de l’eau Seine Normandie a effectué des comparaisons de prix de revient entre actions préventives et actions curatives, à partir de 21 cas concrets et réels. Cette étude a montré que pour les services d’alimentation en eau potable, le coût du préventif est toujours inférieur au coût du curatif – et parfois très inférieur. Elle a également prouvé que la politique de prévention est toujours d’autant plus intéressante qu’elle est menée tôt. Car à trop attendre, le service d’eau peut avoir à supporter une période de « double   peine »   où   le   curatif   reste   nécessaire   le   temps   qu’apparaissent les   effets   du   préventif.

Question : Quel est le plan d’actions du S.I.E.V.A. pour agir sur les activités anthropiques pouvant correspondre à des sources de pollution ?

  • 6) Forage de Chardronville

Réalisé en avril 1969, pour le compte de la Société Française de Distribution d’Eau, par la Compagnie Générale de Travaux d’Hydraulique (SADE) , profondeur atteinte 50,51 m, diamètre 850 mm, forage par battage.

0.00– 0.80        Terre végétale

0.80 – 1.70        Marne argileuse

1.70 – 5.30         Tourbe marron et noire

5.30 – 8.00        Alluvions

8.00 – 12.80      Craie à silex

12.80 – 14.10     Banc de silex

14.10 – 23.90     Craie à silex

23.90 – 24.30    Banc de Silex

24.30 – 30.15     Craie à Silex

30.15 – 30.75     Banc de Silex

30.75                   Craie à Silex

50.15                    Arrêt du forage dans le même terrain

 Test de débit réalisé en août 1969 :

– 140 m3/h avant acidification :

– 250 m3/h après acidification de 10 tonnes injectées en 2 fois avec contre courant d’eau.

 Epaisseur captée : 39 m, épaisseur crépinée : 39 m, dans la nappe dite de la craie

SDAGE (4)On notera le jugement synthétique sur le captage : – « qualité de l’eau à surveiller compte tenu des liaisons possibles de la nappe de la craie avec la nappe alluviale de l’Aubette de Meulan ».

Question : C’était en 1969, 46 ans plus tard quelle est la qualité de l’eau du puits de Chardronville ? Pourquoi ?

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  • 7) La Douée : Source.

Avant d’être alimenté par la source de la Douée, Avernes était alimenté par une autre source « la Peureuse », mise en service en 1906, qui avait un débit journalier entre 5 et 10 m3.

Niveau producteur : calcaire grossier Lutétien du Lutétien inférieur. A noter que cette source se situe dans le même contexte géologique que celles de Saillancourt : « La source de la Douée représente la venue au jour d’une très importante circulation diaclasienne (autrement dit une fracture, une faille) dans le Calcaire grossier inférieur, à peu près au contact avec les argiles à lignites sparnaciennes, les sables de Cuise paraissent très réduits ou absents en ce point ».

Sur le document « Inventaire des sources » il est noté « source de fissure du calcaire grossier ». Cela signifie que l’on est en présence d’une perméabilité de fracture et donc avec des temps de transfert très courts entre la surface et la source (conditions malheureusement donc très favorables aux pollutions de surfaces). Il est ajouté sur ce document : « La source de la Douée pourrait suffire à elle seule pour l’alimentation de la commune d’Avernes et de plusieurs communes voisines ».

Le 22 juin 1954 le professeur de Géologie ABRARD du Muséum National d’Histoire Naturelle précise « la source est probablement, ainsi que je l’ai indiqué dans mon rapport en date du 27 décembre 1947, liée à une circulation diaclasienne de la base du calcaire grossier. On peut se demander si elle n’est pas en rapport avec la faille probable qui passe à proximité d’Avernes. …. La fontaine de la Douée se présente donc dans des conditions très favorables pour un captage, aucune cause de contamination ne se montrant vers l’amont sur une distance suffisante pour assurer l’épuration de l’eau. » Il précise : « On réalisera un captage étanche dans lequel les eaux de ruissellement ne pourront pénétrer ».

Débit :

– en 1943 (propriétaire M. De Bouvy) 90 m3/h,

– en 1959 : 91 m3/h

– 14 octobre 1966 débit d’utilisation : 80 m3/h et 60 m3/h en hiver

Périmètre de protection :

« Le très important débit de la source permet de penser que seule une pollution massive serait susceptible de la contaminer » 27 décembre 1947 professeur R. ABRARD

Question : 68 ans plus tard qu’en est-il de la qualité de la source de la Douée ? Pourquoi ?

SDAGE (6)En 1945 il n’y avait pas de pesticides !!

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  • 8) « Mastermind » où avec un peu d’humour !

Mastermind 1

Suite à l’étude publiée en avril 2014 par UFC Que Choisir sur la qualité de l’eau, dont les conclusions ont été reprises dans l’article intitulé  « L’eau du robinet : en boire ou pas » du Journal du Conseil Régional « * îledeFrance« , paru en juin 2014, le S.I.E.V.A. a adressé le 15 septembre 2015 à UFC Que Choisir un droit de réponse diffusé (1) aux élus locaux, (2) aux médias du Val d’Oise et (3) sur les sites internet des communes concernées. Une large audience publique a donc été donnée par le S.I.E.V.A. lui-même à ces 2 documents.

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Divers échanges d’informations prouvent que les délégués communaux au S.I.E.V.A. ont pris connaissance de la réponse d’UFC Que Choisir. Toutefois malgré mes demandes, tant au maire de Sagy qu’aux membres élus par le conseil municipal auprès du S.I.E.V.A., Mr D. Papillon titulaire et Mr. R. Ricordeau suppléant, l’accès au document m’a toujours été refusé. Un conseiller municipal d’Avernes, des citoyens, tous se sont heurtés à la même opposition du S.I.E.V.A.

SDAGE (10)bisEn fait le contenu de ce courrier, dont les élus – qui ont reçu il y a un an un mandat pour nous représenter – refusent de partager la connaissance, au mépris des règles élémentaires de transparence démocratique, peut probablement se déduire d’une lecture approfondie de l’article d’UFC Que Choisir.

Des communes sont en « noir» à cause d’une teneur en pesticides au-dessus de la norme et d’autres en « jaune » tout simplement du fait qu’il n’y a pas eu d’analyse de ces composés par l’ARS sur cette section.

La Source de la Douée étant répartie entre deux réservoirs, puisque les analyses ne concernent que l’un des réservoirs, en toute rigueur, dans l’étude UFC Que Choisir il était normal de n’attribuer les résultats d’analyses qu’aux véritables lieux de prélèvement. Car on pourrait même imaginer (ce qui n’est pas le cas), que sur la section non analysée des moyens curatifs (traitement sur charbons actifs) aient pu être installés, donc, il n’était pas possible – en l’absence de valeurs – de mettre un indicateur « noir »  à toutes les communes desservies par La Douée

CQFD : Ce Qu’il Fallait Démontrer.

Mastermind 2

concentration des pesticides dans les nappes d'eau

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