Par Franck OLIVIER – Conseiller Municipal à SAGY de 2014 à 2020
Citoyen de proposition

1914-2014 : Un ânier sur les traces de la Grande Guerre

1914-2014 : Un ânier sur les traces de la Grande Guerre

Cet été une exposition itinérante « L’âne en guerre et autres animaux soldats », réalisée par L’Atelier de Restitution du Patrimoine et de l’Ethnologie de la Direction culturelle du Conseil général du Val d’Oise a décrit la vie des soldats au front en racontant celle des animaux engagés dans la Grande Guerre. A cette occasion, Gilles et Sandrine Lemaire, guides-âniers d’Ânes en Vexin à Longuesse (http://www.anesenvexin.fr/), invitaient à randonner sur les traces de ce conflit, en compagnie d’un âne bâté, à Nesles-la Vallée  « Dans les coulisses de la Grande Guerre », à Epiais-Rhus « Sur les traces des Ulhans en 1914″, à Wy-dit-Joli-Village « Quand au loin tonnait le canon« …

Gilles Lemaire Ane-en-Vexin

Celles et ceux qui n’ont pas eu la possibilité de suivre l’exposition qui s’est tenue du 14 juin au 31 août au musée de l’Outil de Wy-dit-Joli-Village peuvent se reporter au site du conseil général : http://www.valdoise.fr/11463-l-ane-en-guerre-et-autres-animaux-soldats.htm et consulter l’excellente brochure accessible sur le même site (L-Ane-en-guerre-et-autres-animaux-soldats.pdf).

A noter qu’un panneau, absent de la brochure, était présenté dans l’exposition du musée de l’Outil de Wy-dit-Joli-Village. Objet de cet article, il conte l’histoire de John Simpson Kirkpatrick.

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John Simpson Kirkpatrick était un brancardier dans l’AAMC (Australian Army Medical Corps) au sein de l’ANZAC (Australian and New Zealand Army Corps – Corps d’Armée d’Australie et de Nouvelle-Zélande) pendant la campagne de Gallipoli ou bataille des Dardanelles qui opposa, durant la Première Guerre mondiale, l’Empire ottoman aux troupes britanniques et françaises du 25 avril 1915 au 9 janvier 1916. Dés son débarquement, le 25 avril 1915, sur les côtes turques, accompagné d’un âne, il fut affecté à l’évacuation et au transport des soldats blessés depuis la première ligne jusqu’à la plage. Durant plus de trois semaines, sous le feu, il poursuivit son action jusqu’à perdre lui-même la vie le 19 mai 1915.

John Simpson

De nombreuses statues, monnaies, timbres représentent John Simpson et son âne « Duffy » qui font désormais partie de la légende de l’ANZAC.

Légende John Simpson

Plus de 60 000 Australiens et 18 500 Néo-Zélandais engagés volontaires ont perdu la vie lors de la première guerre mondiale. Certains sur les champs de bataille du Nord de la France mais nombreux périrent dans la bataille de Gallipoli.

Gallipoli

A l’extrémité sud de la mer de Marmara, le 25 avril 1915, premier jour du débarquement, 8 141 soldats de l’ANZAC furent tués et 19 400 blessés (les pertes françaises étant de 9800 tués et 17370 blessés). L’histoire des soldats-volontaires de l’ANZAC représente encore aujourd’hui une identité autour de valeurs fortes dans lesquelles se reconnaissent les australiens : la bravoure insouciante pour une bonne cause, l’esprit d’entreprise, la débrouillardise, la fidélité, la camaraderie et l’endurance.

En 1938, pour commémorer leur souvenir, une « Avenue d’Honneur » bordée de Corymbia citriodora (eucalyptus citronné) a été aménagée, dans la ville de Perth, à l’ouest de l’Australie. Aujourd’hui, au pied de chaque arbre, une plaque porte le nom d’un soldat mort pendant la première ou la seconde guerre mondiale.

Honour Avenues Perth

La campagne alliée des Dardanelles fut un échec : objectifs mal-définis, logistique défaillante, insuffisance de l’artillerie, inexpérience des troupes, faiblesse des renseignements et des cartes, arrogance et erreurs de commandement à tous les niveaux. L’échec, de ce débarquement et des suivants, eut d’importantes répercussions politiques en Grande-Bretagne. Durant l’entre-deux-guerres, la campagne de Gallipoli devint le pivot des études sur la guerre amphibie et son analyse avant la Seconde Guerre mondiale fit naître la croyance partagée par la plupart des forces armées du monde, selon laquelle les débarquements n’avaient aucune chance contre des défenses modernes.

Cette idée resta dominante … jusqu’au débarquement de Normandie le 6 juin 1944.

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