Dimanche 13 septembre 2026, le PIVO (Pôle Itinérant en Val-d’Oise) propose un spectacle théâtral d’après l’œuvre de Jean Giono « Que ma joie demeure » interprété par la compagnie « Manger le Soleil » dans le cadre du Domaine de Villarceaux.
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Publié en 1935, « Que ma joie demeure » possède une portée sociale et politique profonde. Loin de se limiter à une simple description poétique de la nature provençale, le roman propose une critique de la civilisation industrielle, du capitalisme et de l’utilitarisme bourgeois, tout en esquissant une utopie communautaire.
L’action se déroule sur le plateau de Grémone, en Haute-Provence, où une petite communauté de paysans vit repliée sur elle-même, prisonnière d’un « travail triste » et de l’isolement. L’arrivée de Bobi, un vagabond itinérant, doté d’une aura poétique, d’un esprit libre et solaire, va leur insuffler la joie.
La communauté paysanne est illustrée par :
« Jourdan » : fermier de la grande exploitation, rongé par un profond ennui et une tristesse existentielle, allant jusqu’à labourer son champ en pleine nuit pour rompre la monotonie.
Son épouse « Marthe », participe activement à la vie de la ferme et accueille, d’abord avec réserve puis avec bienveillance, l’influence de « Bobi ».
« Madame Hélène », dont le mari s’est suicidé, riche veuve solitaire et dure vit avec sa fille Aurore, son regard sur le monde évolue au contact des aspirations poétiques de « Bobi ».
« Randoulet » reconnu pour sa force de travail,
« Barbe » la doyenne qui incarne la mémoire et l’ancrage dans les traditions de la communauté
« Carle » autre fermier du plateau et sa femme
A la suite de « Jourdan », le premier à s’ouvrir à la démarche de « Bobi « s’écarte de la stricte rentabilité nourricière pour semer des fleurs ou cultiver la beauté inutile, tous les personnages renouent avec la joie et le plaisir de vivre ensemble.
Une leçon de vie reposant sur des pratiques simples, savoir donner, prendre le temps de regarder et de se poser des questions, partager l’amour du beau et de la nature. Un nouveau mode de vie et de penser qui guérit peu à peu les paysans de leur « lèpre » intérieure (l’ennui et l’âpreté du gain).
Dans l’œuvre de Giono, les animaux ont une charge symbolique majeure comme le cerf apprivoisé et ramené par « Bobi« sur le plateau, il devient l’élément déclencheur de la curiosité collective et le symbole vivant de la « passion de l’inutile » et de la liberté sauvage, les oiseaux, le vent, les étoiles (Orion fleur de carotte) et la faune sauvage accompagnent constamment les personnages, agissant comme le miroir de leurs âmes.
Écrit dans l’entre-deux-guerres, à une époque marquée par la montée des totalitarismes, la crise économique et les ravages de la mécanisation, Giono propose une alternative politique par la conscience et le sensible.
Le sens social de l’œuvre s’articule autour de plusieurs dimensions majeures :
- La critique du « travail triste » et de l’économie productiviste : Giono oppose l’activité paysanne traditionnelle au travail dicté par la seule logique de la rentabilité source de mort spirituelle et d’épuisement.
- L’apologie de « la passion de l’inutile » : le personnage de « Bobi« , messager de la joie, incite les paysans de Grémone à introduire de la gratuité et le plaisir dans leur existence. Jeter du blé aux oiseaux et voir le ciel s’animer, semer des fleurs pour la beauté (travail/plaisir)
- Le dépassement de l’individualisme paysan : la communauté rurale décrite par Giono souffre d’isolement et découvre, au côté de « Bobi » la richesse du lien collectif.
La première partie du roman, joué le dimanche 13 septembre au Domaine de Villarceaux, est adaptée en 5 tableaux, au cours desquels les paysans réinventent une vie communautaire fondée sur des liens fraternels, le partage et la liberté, portant un regard joyeux et admiratif sur leur environnement naturel, les éléments, les plantes et les animaux.qui les entourent.
Les acteurs et les spectateurs se déplacent d’un champ à l’autre, d’un pâturage à un bois dans l’air frais … .
« Que ma joie demeure » invite à briser les chaînes de l’utilité marchande pour des liens sociaux fondés sur le partage, la contemplation et la liberté.
La seconde partie de ce roman sera présentée en 2027 ou 2028 .
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Le PIVO (Pôle Itinérant en Val-d’Oise) ( https://www.le-pivo.fr/ ) n’est pas une salle de théâtre fixe, mais une « scène conventionnée d’intérêt national « art en territoire » basée dans le département du Val-d’Oise, et qui intervient activement dans le Vexin et ses environs.
Ses principales caractéristiques sont :
- L’itinérance culturelle : n’ayant pas de lieu unique ou exclusif, le PIVO diffuse des spectacles vivants (théâtre, marionnettes, danse, formes insolites ou jeune public) directement au cœur des communes rurales et urbaines du département).
- La décentralisation artistique : sa mission principale est de porter le spectacle vivant au plus près des habitants, en particulier dans les zones rurales comme le Vexin français.
- Les temps forts et festivals : il coordonne chaque année une saison culturelle complète (de septembre à juin) ainsi que le Festival théâtral du Val-d’Oise et le festival dédié au théâtre d’objets et de marionnettes « Haut les mains ! », qui fait la part belle au territoire du Vexin.
https://www.le-pivo.fr/evenements/que-ma-joie-demeure/
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Compagnie « Manger le soleil » : https://mangerlesoleil.com/
8h30, rendez-vous à l’entrée du Domaine de Villarceaux, le café est offert par les organisateurs
Fin de la première partie
Le spectacle fini, acteurs et spectateurs se sont retrouvés pour une collation sur la pelouse du château.
On ne peut mieux décrire ce spectacle qu’en se rendant sur la page de la mairie de Ranchal (département du Rhône) où ce spectacle randonnée a été donné dans sa totalité (10 tableaux) les 3 et 4 juin 2023 (https://mairie-ranchal.fr/retour-sur-le-spectacle-randonnee-que-ma-joie-demeure/).
Félicitation aux membres du PIVO pour l’excellente l’organisation in situ du spectacle dans le cadre du Domaine de Villarceaux, ainsi que l’équipe théâtrale pour le choix, l’adaptation et la qualité de leur jeu de ce texte de Giono « Que ma joie demeure ».
La Compagnie « Manger le soleil » doit revenir au Domaine de Villarceaux en 2027 ( ?) 2028 ( ?) pour présenter l’œuvre complète de Jean Giono. Ne le manquez pas.



















