Jeudi 10 novembre 2022 : un mémorial dédié aux chiens héros civils et militaires a été inauguré à Suippes (Marne). Un emplacement qui n’est pas anodin puisque la ville abrite le 132e régiment d’infanterie cynotechnique (RIC), le plus grand chenil d’Europe occidentale, avec une capacité d’accueil de 700 chiens. La stèle en bronze réalisée par le sculpteur franco-colombien Milthon représente un Poilu de la Grande Guerre et son chien, serrés l’un contre l’autre, érigée au cœur de ce village champenois, haut lieu de la première guerre mondiale.

La Société centrale canine à l’origine du projet a financé le monument, et a bénéficié de l’appui de l’Armée de terre et de la commune de Suippes.
« Au-delà de ce devoir de mémoire », le président de la Centrale canine, Alexandre Balzer, entend faire de ce mémorial l’emblème « du travail admirable de nos chiens au service de l’homme, du chien visiteur dans nos hôpitaux au chien de patrouille dans les montagnes d’Afghanistan ».
Des soldats du 132e RIC et leurs chiens ont assisté à la cérémonie. Bergers belges et bergers allemands arboraient sur leur plastron leurs médailles.
La France utilisa environ 12.000 chiens pendant la première guerre mondiale.
En 1915, lorsque le Ministre de la Guerre Alexandre Millerand, décida de la création du « service de chien de guerre », l’armée française reconnut le compagnon de toujours qui, au même titre que le soldat, se vit attribué un état civil, un livret militaire, une plaque d’identité et un équipement.
Les chiens eurent de nombreux rôles : chiens de patrouilles, chiens auxiliaires de sentinelles, chiens de liaisons, chiens estafettes, de trait, de garde de prisonniers de guerre, etc… Ces chiens provenaient des fourrières, de la Société pour la Protection des Animaux (SPA), ou simplement de dons de particuliers.
D’autres compagnons eurent un sort plus malheureux. Des centaines de chiens « errants » furent victimes d’essais destinés à vérifier l’efficacité des obus spéciaux, c’est-à-dire des obus à gaz, avant leur adoption.
Chiens de guerre dans la littérature :
Monuments aux morts rendant hommage aux chiens de guerre :
« Poilus« , une expo pour rendre hommage au rôle méconnu des chiens et des chats dans les tranchées a ouvert ses portes, samedi 26 septembre 2026, au Mémorial 1914-1918 de Notre-Dame-de-Lorette dans le Pas-de-Calais.
Pour concevoir, cette exposition, Juliette Gouesnard s’est appuyée sur les travaux pionniers de d’Éric Baratay, auteur de l’ouvrage référence « Bêtes des tranchées » (éd. CNRS). Dans son livre, l’historien montre que chiens et chats font partie de deux catégories distinctes. Les premiers sont des animaux de services, tandis que les deuxièmes sont des animaux d’affection. L’exposition se partage donc entre ces deux aspects à travers une soixantaine de photographies.
Grâce à l’exposition du Mémorial, à voir jusqu’au 3 janvier 2027, ces fidèles compagnons, ainsi que les chats, retrouvent leur place auprès du grand public dans l’histoire de 1914-1918.
Un soldat britannique soulève un chien dans son casque, le 22 décembre 1917.
Chien de l’armée française apportant un message, 1918
Chien messager français avec un masque à gaz traversant un nuage de gaz toxique, 1916
Le Sergent Stubby portant son uniforme militaire avec ses nombreuses décorations, est le chien le plus décoré de la Grande Guerre.
Un officier allemand et son chien dans une tranchées des dunes de Flandre. France, 1915.
Les chats Rosette et Saint-Thomas dorment dans un panier posé sur une table où un soldat du 136e RI (régiment d’infanterie) écrit une lettre. Saint-Thomas-en-Argonne, Meuse, 1916.
Portrait d’un soldat tenant un chat dans ses bras, devant un abri – 1917





