Publié sur le site du ministère de la santé. https://sante.gouv.fr/sante-et-environnement/eaux/eau le résultat d’analyse d’un prélèvement d’eau réalisé à Avernes le 9 décembre 2025 présente du chlorothalonil, pesticide fongicide utilisé pendant des dizaine d’années. Interdit en 2020, mais au cours de sa dégradation la molécule de chlorothalonil a généré deux métabolites suspects recherchés dans l’eau potable –https://www.hauts-de-france.ars.sante.fr/les-metabolites-du-chlorothalonil-0 ).
Un métabolite est dit pertinent lorsque les tests concluent à un risque sanitaire pour la santé humaine. Ce qui est le cas pour le chlorothalonil R417888 (avis de 2024) et pour le Chloridazone methyl desphenyl (avis 2023) objet des résultats publiés dans l’article sur le site Regard sur Sagy du 12 décembre 2025 : https://www.regard-sur-sagy.fr/qualite-de-leau-a-sagy-rien-ne-va-plus/
Ces substances se retrouvent dans l’eau, dans l’air, dans les produits que nous consommons quotidiennement et dans notre environnement en général. La crainte repose aussi sur les conséquences sanitaires possibles des effets cocktails non mesurables vu la quantité de molécules utilisées ou encore présentes dans l’eau. : plus de 700 molécules sont analysées par l’ARS de l’Ile de France dans l’eau cf. prélèvement du 7 novembre 2025 9H20 Vigny (https://sante.gouv.fr/sante-et-environnement/eaux/eau – Val d’Oise / Sagy / 7 novembre 2025).
L’alerte notifiée par le SIEVAM sur les taux des nouvelles substances analysées comme les métabolites du chlorothanolil et du chloridazone n’est pas sans rappeler les problèmes de l’atrazine, herbicide interdit à la vente depuis 2003, dont les métabolites figurent encore dans l’eau du robinet et font toujours l’objet d’une surveillance de l’ARS. En 2014, la mauvaise qualité de l’eau distribuée au robinet des 11 communes gérées par le syndicat intercommunal nommé le SIEVA, avait alors été mise à l’ordre du jour du conseil municipal de Sagy par un élu.
Bien que le sujet concerne l’eau bien commun et que le maire soit le premier responsable de la distribution de l’eau sur son territoire, la question « eau de qualité » n’a pas eu de suite, tout comme les courriers adressés par les citoyens à la mairie sont restés lettres mortes. C’était il y a 12 ans !
Pourtant les associations réunies autour des problèmes sanitaires et environnementaux multipliaient déjà les alertes, intervenaient dans les médias et apportaient des preuves évidentes des effets produits par les pesticides sur la santé humaine et la biodiversité.
Des protestations telles qu’ » Enfants et pesticides : appel aux parents !« , publiée le 12 février 2026 par Sabine Grataloup (Mère de Théo, souffrant de malformations attribuées au glyphosate) ou la colère de Fleur Breteau fondatrice du collectif « Cancer colère » qui résiste et clame que : « La vie est plus forte que leur politique de mort ». https://blogs.mediapart.fr/sabine-grataloup/blog/120226/enfants-et-pesticides-appel-aux-parents. La lutte est encore et plus que jamais d’actualité.
Les mesures proposées par la Loi Duplomp visant à permettre l’emploi de pesticides interdits par dérogation, ont de nouveau soulevé l’indignation des citoyens et des professionnels de la santé. https://reporterre.net/Du-harcelement-legislatif-a-l-etat-pur-une-loi-Duplomb-2-revient-a-la-charge.
La démarche de Laurent Duplomb, sénateur prouve, s’il en est besoin, que dans le face à face social et politique, le pouvoir politique reste maître du jeu. Les avancées et les reculs des décisions en faveur de la santé et de l’environnement témoignent de ce combat inégal.
Dans le Val d’Oise rural où les populations sont exposées aux pollutions par pesticides, la majorité des collectivités locales ne respectent pas l’obligation d’information des consommateurs. Une obligation que l’ARS ne manque cependant pas de rappeler systématiquement lors de dépassement de la norme de qualité des substances analysées.
Les membres du SIEVAM, Syndicat Intercommunal des Eaux de la Viosne, de l’Aubette de Meulan et de la Moncient qui n’ont pas transféré la compétence à la Communauté de Communes VEXIN CENTRE et choisi de conserver la gestion et de la distribution de l’eau pour les communes adhérentes, se doivent d’agir pour répondre aux besoins des habitants concernés.
Ainsi, dans le compte rendu de l’Assemblée générale du jeudi 3 juillet 2025, le SIEVAM énumère les divers problèmes qu’il aura à résoudre pour satisfaire aux exigences de qualité de l’eau issue de la source de La Douée :
Ces 2 délibérations ont été adoptées à l’unanimité des présents et représentés soit 25 sur 32 mais ne donnent pas de délais de mise en œuvre.
Les décennies perdues ne se rattrapant pas, nous comptons sur une volonté forte des nouveaux élus municipaux, délégués au sein du SIEVAM ainsi qu’au conseil communautaire de la CC Vexin Centre, d’adopter de nouvelles pratiques de communication sur la qualité de l’eau avec les citoyens et d’informer ces derniers du suivi des actions décidées en AG du SIEVAM le 3 juillet 2025. Il s’agit d’une démarche de progrès de préservation et de respect du monde vivant.
Je reprendrai le dernière phrase de l’article https://www.regard-sur-sagy.fr/qualite-de-leau-a-sagy-rien-ne-va-plus/ :
« L’eau constitue un élément essentiel du patrimoine communal, une ressource vitale indispensable à la santé et à la qualité environnementale que les élus locaux se doivent de gérer et préserver au mieux et en toute transparence, pour l’ensemble de la population sagyenne.
Á ce titre, tout citoyen est en droit de savoir quel est le programme d’actions visant à réduire les teneurs des paramètres concernés engagé par la personne responsable de la production et de la distribution de l’eau à Sagy ?».
Chantal HERBIN






