Par Franck OLIVIER – Conseiller Municipal à SAGY de 2014 à 2020
Citoyen de proposition

Mardi 8 avril 2025 réunions concomitantes : conseil municipal (19 heures à 20 heures) à la mairie de Sagy, et « Cycle de rencontres scientifiques » organisé par le Parc Naturel Régional sur le thème : « Le Vexin face aux questions de l’eau : un défi majeur pour les prochaines décennies » (18 heures à 20 heures) à la maison du Parc à Théméricourt.

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Conseil municipal (19 heures à 20 heures). L’ordre du jour comporte différentes résolutions.

  • Approbation du compte financier unique (CFU), affectation du résultat, vote du budget primitif 2025.

Le CFU doit présenter l’état de la dette, la répartition des emprunts, la typologie de la répartition de l’encours, les méthodes utilisées pour les amortissements, l’équilibre budgétaire en dépenses et en recettes.

La délibération est une succession orale d’additions et de soustractions. « Ping (recettes) pong (dépenses)« , « ping (Investissement) pong (fonctionnement)« … Pour suivre ce match les élu(e)s ont l’avantage avec des tableaux excel. Des questions ? Aucune question. Le set se termine par des congratulations.

On ne saura rien des dépenses énergétiques globales (fuel, électricité) dues aux déperditions dans les bâtiments municipaux en raison de l’absence d’investissement en terme d’isolation. Ni combien coûte le musée de la Moisson, son taux de fréquentation. Le prix du paysage est fixé à 96 000 € pour tous les pylônes se trouvant sur la commune. Le logement au-dessus du boucher est loué 900 €/mois, …

Pour 2025 le budget fonctionnement se monte à plus de 1 million d’euros (1 190 488,15 €). Cet argent public résultat de l’impôt est hors du regard des citoyens. Durant cette mandature, les comités citoyens ont disparu et la gestion comptable et financière est depuis 2020 uniquement dans les mains de l’édile.

A 12 mois des prochaines élections les élu(e)s décident de ne pas toucher au taux des taxes directes communales.

La taxe foncière, calculée à partir de la valeur locative cadastrale d’un bien, est une estimation de son revenu locatif potentiel. Cette assiette est indexée sur l’inflation. L’indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH), utilisé pour revaloriser les valeurs locatives cadastrales, a augmenté de 1,7 % en novembre 2024.

  • Vote des subventions communales aux associations 2025

Le budget total attribué aux associations se monte à 9 350 €

  • Rénovation du lavoir du Grand Mesnil.

Il ne reste qu’un mur. Il s’agit donc de reconstruire 3 murs et la charpente. Il n’y a pas de devis, Mr le Maire estime les travaux a 30 000 €, 40 000 € selon le conseiller municipal. La subvention du conseil départemental demandée baisse de 25% à 15%, et pourrait être compensée par une subvention du PNR passant de 50% à 70%. Enfin et surtout : « Il faudrait retrouver peut-être la source » (sic).

A propos de l’alimentation des lavoirs par les sources, le cas récent du lavoir de Saillancourt montre qu’un débit est nécessaire pour que l’eau reste propre et ne soit pas stagnante. Les drains ayant été placés trop haut par rapport au battement de la nappe et un cône de rabattement s’étant formé : l’eau ne coule plus suffisamment.

  • Fixation des tarifs soirée du 80ème anniversaire de la libération.

Le prix de participation à la soirée prévue avec repas et spectacle sous chapiteau est fixé à 36 €,  « éventuellement » (sic) 30 € pour les personnes bénévoles aidant à l’organisation de ces journées. Cela dépend en fait du nombre total de participant, la rentabilité étant atteinte avec 300 personnes correspondant au nombre de place sous le chapiteau.

L’organisation est confiée à la mairie : « cette manifestation est régi par des régisseurs » (sic). Les commerces : boucherie, boulangerie, bar sont en charge de la préparation.

14 € la bouteille de vin

Eau plate offerte

2 € eau gazeuse ou Coca-Cola

3 € bière du Vexin

Un budget de 20 000 € est prévu pour cette manifestation, « cela ne coûtera rien à Sagy, car ce sont les mécènes qui participent » (Mr le Maire).

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« Cycle de rencontres scientifiques » organisé par le Parc Naturel Régional sur le thème : conférence-débat « Le Vexin face aux questions de l’eau : un défi majeur pour les prochaines décennies » (18 heures à 20 heures) à la maison du Parc à Théméricourt. Etaient invités :

Nathalie de Noblet-Ducoudré, Représentante du GREC francilien (Groupe Régional d’Expertise sur le Changement climatique et la transition écologique en île-de-France).

Christian Piel, Directeur de l’Agence Urban Water, spécialisé en hydrologie et urbanisme.

Julien Tournebize, Ingénieur agronome à l’INRAE, hydrologue spécialiste des questions de l’eau.

Les travaux de ces scientifiques sont largement relayés par internet, ce qui permet à tous, présents ou non, de découvrir ou approfondir les connaissances transmises au cours de la soirée.

Nathalie de Noblet-Ducoudré démontre que nous n’avons pas d’emprise sur les évènements climatiques en eux-mêmes, mais que nous pouvons agir localement pour en atténuer les effets par l’approche bioclimatique

« Qu’est-ce que l’approche bioclimatique, et qu’apporte-t-elle comme regard sur la question de la résilience face au changement climatique ? » ( https://grec-idf.eu/entretien-avec-nathalie-de-noblet/ )

« Ce que j’appelle l’approche bioclimatique, c’est le fait de comprendre comment le vivant atténue ou modifie certains aspects du climat local. Par exemple, lorsqu’une vague de chaleur se met en place, ce n’est pas du fait de la région, mais d’une configuration météorologique de plus grande échelle. Selon la façon dont l’espace est occupé ou géré, la vague de chaleur peut être atténuée ou amplifiée. Dans une ville bétonnée, la température augmente, aggravant l’effet canicule. Au contraire, au sein d’une forêt très humide, d’un champ de maïs irrigué ou d’une rizière, l’effet de la vague de chaleur s’atténue. L’énergie est restituée depuis la surface vers l’atmosphère par une augmentation de l’évapotranspiration, notamment par la transpiration des plantes, qui rafraîchit l’air en surface ».

« Cette approche « bioclimatique » permet de réguler la météo locale et l’expression de certains événements. Pour donner un autre exemple, on sait qu’une forêt et une ville n’ont pas le même effet sur la formation des précipitations et des orages. Lorsqu’une masse d’air passe au-dessus d’une ville, elle se charge en énergie et devient très éruptive, favorisant la formation d’orages, ce qui n’est pas le cas pour une forêt ».

Plus  https://www.youtube.com/watch?v=5eJ_8S9QRUE. Dans cette vidéo, Nathalie Noblet-Ducoudré expose les principales conséquences du changement climatique sur les activités agricoles.

Le GREC Francilien (Groupe régional d’expertise sur le changement climatique) exprime par ailleurs son inquiétude dans son nouveau Carnet sur les pollutions air, eaux, et sols et demande davantage d’études, afin de prévenir et mesurer les effets aggravants des polluants dus au changement climatique :  « Il est fort probable que le changement climatique impacte les transferts de contaminants, dans leur intensité comme dans les formes sous lesquelles ils sont transférés, et ce jusqu’à l’être humain … des pluies violentes peuvent engendrer des concentrations de polluants dans les eaux, les épisodes de dessiccation et réhumectation des sols vont jouer sur la dynamique des polluants et leurs transferts dans les autres milieux ».

https://grec-idf.eu/wp-content/uploads/2025/03/Carnet-grec_pollution_mars-2025_FIN.pdf

Christian Piel, urbaniste et hydrologue retrace l’évolution de la gestion des eaux de ruissellement et du risque inondation.

Il y a 30 ans les eaux pluviales étaient collectées dans des conduites enterrées qui se sont avérées sources de problèmes : encrassement, sous dimensionnement ; un système ensuite remplacé par des bassins de rétention difficiles à intégrer dans l’environnement (espace).

Aujourd’hui, les urbanistes se tournent vers l’aménagement de zones végétalisées, promenades, jardins, terrains de jeux, possiblement inondables quelques jours par an. A la clé, une eau « ressource », utile à l’irrigation d’espaces verts, la création d’îlot de fraîcheur au cours de l’été et l’amélioration de la biodiversité, pour un coût qui n’a rien à voir avec celui des infrastructures mises en place dans le passé.

Plus   https://www.youtube.com/watch?v=BX-IkNyfu_M    : « Tout cela se termine dans le PLU »

Lors d’une interview, Nathalie Noblet-Ducoudré déclarait : « J’ai donné plusieurs conférences auprès de divers acteurs du monde agricole : des irrigants du Poitou-Charente au consortium sorgho Europe, en passant par les semenciers, les entrepreneurs et autres chambres d’agriculture. Il est rare que ces échanges aboutissent à de réels changements des pratiques … mis à part les forestiers et les vignerons, les acteurs du monde agricole n’arrivent pas à travailler avec les climatologues pour anticiper ce qui va leur arriver demain. Mais je ne perds pas espoir ! »  https://www.worldzine.fr/2020/02/17/interview-climat-nous-navons-aucun-defi-technologique-a-surmonter-nathalie-de-noblet-ducoudre-membre-du-giec/  …

On constate en effet que les temps changent et la démarche participative menée par Julien Tournebize dans l’est du bassin parisien le prouve.

Julien Tournebize, hydrologue spécialiste des pollutions diffuses, expérimente depuis de nombreuses années le pouvoir de l’ingénierie écologique sur la dépollution des eaux en milieu rural. Il se focalise sur les zones tampons, dont il examine les performances en matière d’élimination des nitrates et des pesticides.

En 2005, en Seine et Marne, la collaboration entre son équipe, l’association AQUI’Brie (usagers des nappes de Brie et Champigny), les collectivités locales, les agriculteurs et l’agence de l’eau Seine Normandie, a conduit à un plan d’actions basé sur l’amélioration de la qualité de l’eau et un aménagement paysager par l’installation de zones tampons humides artificielles. Les zones tampons absorbent environ 50 % des nitrates et pesticides par les actions conjuguées des plantes, des bactéries et du temps.  L’espace utile à ce traitement naturel ne dépasse pas 1% des parcelles traitées.

Le suivi scientifique approfondi de ces travaux permet d’établir un bilan régulier de la qualité de l’eau, de la biodiversité et gaz à effet de serre.

Plus 2 courtes vidéos : https://www.youtube.com/watch?v=lgbaCmyEZ-0 et https://www.youtube.com/watch?v=O1OzP00GaQ4

Ces scientifiques nous ont fait part de leurs projets, de la progression de leurs connaissances et de l’évolution des solutions qu’ils découvrent au fur et à mesure de leurs expériences.

Mais, dans le Vexin, quelles études, quels projets, quelles réalisations ?

La relation entre ces expériences et les questions de l’eau sur notre territoire n’a pas été évoquée lors de cette rencontre par les membres du PNR.

Des inondations, par exemple, ont régulièrement lieu à Saillancourt  situé dans un talweg où se déversent plusieurs axes de ruissellement issus du plateau surplombant la vallée. Des inondations aggravées par le busage sous dimensionné du ru, au début des années 1970, afin de rendre constructible ce qui était naturellement des prés inondables.

Les photos ci-après, prises en mars 2025 sur le versant agricole entre Saillancourt et Menucourt font apparaître le circuit des eaux pluviales, dévalant la pente jusqu’à la route, dès qu’elles ne sont plus freinées par la zone arborée.

Lors de sa participation à l’assemblée générale du CAUE 95, qui s’est tenue le 28 juin 2023, Christian PIEL a donné l’exemple de ruissellement sur un terrain agricole « industrialisé » et affiché le schéma ci-dessous d’un aménagement possible qui permettrait d’éviter les dégâts pluviaux par la présence de bandes enherbées et haies plantées ou autres plantations.

De cette conversation scientifique, on retient la possibilité et la nécessité d’agir localement pour préserver la sécurité de tous, face au changement climatique et ses aléas météorologiques. D’ores et déjà il faut se préparer à des évènements, températures et des précipitations, hors du commun par leur soudaineté et leur intensité.

Lutter contre la disparition des arbres, la minéralisation des villages, améliorer la circulation et la récupération des eaux pluviales relèvent d’actions participatives locales liées aux caractéristiques particulières du territoire vexinois.

Si à l’échelle d’un village, les moyens financiers manquent, Christian PIEL recommande aux communes de faire appel à leur agence de l’eau, tant en matière de conception et de réalisation de projets, que d’aide à l’investissement.

 

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