Par Franck OLIVIER – Conseiller Municipal à SAGY de 2014 à 2020
Citoyen de proposition

Un point sur la qualité de l’eau

Le 26 septembre 2026, sont affichés en mairie, les derniers résultats d’analyses de l’eau publiés sur le site https://sante.gouv.fr/sante-et-environnement/eaux/eau

L’information concerne un prélèvement du 25 juin 2026 réalisé à l’école de Sagy relative aux taux de métaux dissous dans l’eau et ne vaut que pour l’école : Cuivre : 0,151mg/l (norme de qualité < 2mg/l), Nickel : 18 µg/l (norme de qualité < 20 µg/l), Plomb : 3 µg/l (norme de qualité < 10 µg/l).

Les conclusions sanitaires mentionnent : « Eau d’alimentation conforme aux exigences de qualité en vigueur pour l’ensemble des paramètres mesurés. Ces teneurs en plomb, cuivre et nickel ne valent que pour le point d’utilisation où elles ont été respectivement mesurées. Compte tenu de l’influence du réseau de distribution d’eau (réseau intérieur et éventuellement branchement public) sur la dissolution des métaux, ces valeurs ne sont pas représentatives de la qualité de l’eau pour l’ensemble des consommateurs du réseau de distribution ». Autrement dit nous ignorons les teneurs en cuivre, nickel et plomb de l’eau que nous buvons.

D’autres résultats ont été publiés par l’ARS d’Ile de France (Agence Régionale de Santé), le 10 juin 2026 à Avernes, où se situe la source de la Douée, lieu de pompage de l’eau distribuée à Sagy et dans onze des communes desservies par le SIEVAM.

Les taux de chorothanil R4178888 et chlorothanil R471811 présents dans l’eau s’élevaient respectivement à 0,211 µg/l et 1,422 µg/l alors qu’ils n’auraient pas dû dépasser 0,1 µg/l la limite de qualité.

Les conclusions sanitaires sont libellées comme suit : « Eau d’alimentation non-conforme aux limites de qualité pour le paramètre chlorothalonil R417888 (métabolite pertinent), sans dépassement du seuil sanitaire (3 µg/L). Eau d’alimentation présentant un dépassement de la valeur indicative pour le paramètre chlorothalonil R471811 (métabolite non pertinent). En l’état actuel des connaissances scientifiques, aucune restriction d’usage n’est nécessaire. (Un suivi renforcé est mis en place pour surveiller l’évolution de la situation.) La personne responsable de la production et de la distribution de l’eau doit engager un programme d’actions visant à réduire les teneurs des paramètres concernés. Les autres paramètres recherchés dans le cadre du contrôle sanitaire sont conformes aux exigences du code de la santé publique ».

L’ARS Ile de France rédigent les mêmes conclusions sanitaires à propos du chloridazone desphényl et du chloridazone méthyl desphényl dont les taux s’élèvent respectivement à 0,301 µg/L et 0,304 µg/L, bien au-delà du seuil de qualité de l’eau potable : « Eau d’alimentation non-conforme aux limites de qualité pour les paramètres chloridazone desphényl et chloridazone methyldesphényl. Toutefois les seuils sanitaires respectivement de 11µg/L et de 110 µg/L n’ayant pas été dépassés, en l’état actuel des connaissances scientifiques… ». 

Les molécules de l’atrazine, produit interdit en 2001, de chloridazone interdit en 2021 et de chlorothalonil interdit en 2020, se détériorent dans le sol et l’eau, en créant des substances nouvelles appelées métabolites qui persistent pendant des dizaines d’années dans les nappes phréatiques si des traitements appropriés ne sont pas mis en œuvre. Les taux d’atrazine désethyl : 0,054 µg/l et d’atrazine désethyl déisopropyl : 0,067 µg/l en sont des exemples.

Si ces taux relevés dans l’eau du robinet sont désormais en deçà de la limite de qualité, leurs molécules sont toujours susceptibles d’inter agir avec d’autres substances dénommés « effets cocktails » possiblement nocifs pour la santé humaine, mais encore mal explorés et non pris en compte par les autorités sanitaires françaises et européennes.

En règle générale, deux fois par an, une analyse plus complète des composants détectables dans l’eau puisée à la source de la Douée, montre le nombre très important des interactions possibles des substances en présence.  La dernière étude date du 11 mai 2026, et la précédente du 7 novembre 2025, ces dernières établissent respectivement un total de pesticides de 0,974 µg/, la seconde de 0,864 µg/L, taux supérieurs à la limite de qualité de 0,50 µg/L. Ces deux documents  sont publiés sur la site https://sante.gouv.fr/sante-et-environnement/eaux/eau,

L’ARS, malgré les dépassements de la limite de qualité, indique que l’eau demeure potable tant que les taux des substances analysées n’atteignent pas les valeurs sanitaires maximales déterminées par l’ANSES – Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail.

La limite de qualité est la limite réglementaire fixée pour les pesticides et les métabolites pertinents, son dépassement alerte sur la dégradation qualitative de l’eau mais ne constitue pas un seuil de risque pour la santé humaine. En situation de dépassement, « la réglementation prévoit des actions de gestion à la demande des autorités sanitaires locales pour rétablir la conformité de l’eau à la limite de qualité dans des délais impartis par la réglementation. » https://www.anses.fr/fr/content/pesticides-dans-eau-du-robinet

La valeur sanitaire maximale déterminée à partir de la valeur toxicologique de référence (VTR) de la substance active ou du métabolite pertinent et s’applique par dérogation temporaire, le temps de rétablir la limite de qualité dans des délais fixés par la règlementation, en principe 3 ans renouvelable 1 fois.

L’ANSES engage études et actions à la demande de la DGS, Direction Générale de la Santé. Mais il se peut que l’ANSES soit dans « l’impossibilité d’établir une valeur sanitaire maximale du fait de l’absence de données suffisantes pour définir une limite de sécurité sanitaire spécifique à la substance ». https://www.anses.fr/fr/content/pesticides-dans-eau-du-robinet

La limite, pour les métabolites non-pertinents a été fixée à 0,9 µg/l.

L’existence de ces différents seuils comporte une contradiction et l’écart important entre les limite de qualité et valeur sanitaire maximale génère une plage de vulnérabilité pour les organismes les plus fragiles. Les sensibilités personnelles à ces molécules s’avèrent en effet très variables selon les individus.  L’ARS mentionne d’ailleurs, parfois, des restrictions de consommation pour les nourrissons et les femmes enceintes et rappelle au responsable de la distribution l’obligation d’informer la population.

L’annonce de la nouvelle technique de filtration qui va être mise en place à l’usine de traitement de l’eau de Méry sur Oise, dans la Gazette du Val d’Oise du 16 septembre 2026 promet que 47 villes seront alimentées par « l’eau la plus pure de France ». Une bonne nouvelle, qui reste toutefois à relativiser par rapport aux 34 746 collectivités recensées en France métropolitaine au 1er janvier 2026. Nous sommes encore très loin du compte.

 

Chantal HERBIN

 

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